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Margot Beauchamps : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
L'inégale capacité de se mouvoir et la rareté des ressources métropolitaines (emplois, services, commerces) dans certains quartiers défavorisés joue un rôle déterminant dans la stratification sociale : la localisation (temporaire ou permanente) des individus est déterminée par — mais aussi, dans une certaine mesure, elle détermine en retour — leur position sociale. La démocratisation des nouveaux moyens de télécommunications et en particulier d'Internet invite à repenser l'analyse des modalités de l'accès aux ressources sociales. En facilitant l'accès aux ressources dématérialisées, indépendamment de la localisation, l'essor d'Internet pourrait infléchir la manière dont l'inégalité devant la mobilité agit sur la structuration sociale. Cependant, on observe que la manière dont les individus tirent profit des possibilités d'Internet est largement tributaire de leur position dans l'espace social et de leur dotation dans les différentes espèces de capitaux. À partir d'entretiens conduits auprès d'habitants de deux quartiers de l'agglomération de Saint-Étienne, cette communication propose d'analyser comment la dimension spatiale des inégalités sociales se redéfinit à l'aune des inégalités liées aux différents niveaux d'appropriation d'Internet.
Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.
De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.
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