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La maternité autochtone en contexte de violence structurelle : entre repères culturels, négociations et hégémonie

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Catherine Flynn : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

La maternité des femmes autochtones ne peut être explorée sans être repositionnée dans un contexte sociohistorique et colonialiste qui tient compte des nombreuses politiques étatiques d'assimilation découlant de la Loi sur les Indiens de 1876. Les violences structurelles perpétrées historiquement à l'égard des femmes autochtones ont contribué à dévaloriser leur rôle de mère. L'institutionnalisation de la représentation occidentale de la maternité au sein des services de santé et des services sociaux actualise cette dépréciation.En s'appuyant sur les connaissances scientifiques sur la maternité autochtone, cette présentation vise à rendre compte du sens et de l'expérience de la grossesse, de l'accouchement et de la maternité de sept femmes autochtones. Il s'agit d'exposer les différents repères culturels autochtones en lien avec la grossesse, l'accouchement et la maternité et de jeter un regard sur les différentes réponses sociales qui façonnent l'expérience des mères autochtones afin d'en dégager les rapports qu'elles entretiennent avec celles-ci. Certaines pratiques parentales autochtones seront également mises en évidence afin de dégager les principales zones d'incompréhension et les erreurs d'interprétation possibles lorsque l'on appréhende la maternité autochtone à partir d'une conception allochtone. La présentation se terminera sur une réflexion sur la possibilité pour les mères autochtones, de négocier afin de faire reconnaître leurs repères culturels.

Résumé du colloque

La maternité est une construction sociale qui varie dans le temps et dans l’espace. Au Québec, comme dans l’ensemble des sociétés occidentales, on peut identifier un discours dominant et institutionnalisé, qui s’inspire d’une vision idéalisée de l’expérience de femmes américaines-européennes, blanches, hétérosexuelles, de classe moyenne, et qui la présente comme naturelle et universelle. Ce discours contribue à la régulation des femmes et de leur maternité, en les désignant comme ultimement responsables de la santé et du bien-être de leurs enfants et en leur imposant un ensemble des règles et de normes auxquelles elles doivent obéir pour être perçues comme de « bonnes » mères. Cet ensemble de règles et de normes est généralement établi par des « experts » sur le développement des enfants, puis intégré dans les politiques et interventions sociales. Malgré ceci, les femmes ont des expériences différentes de la maternité. Si les femmes ne peuvent échapper au discours dominant, certaines femmes peuvent néanmoins remettre en question certains éléments de ce discours ou y résister. Dans certaines circonstances, la maternité peut aussi être un lieu de pouvoir pour certaines femmes. Bien que la maternité soit fréquemment présentée comme naturelle et universelle, la position sociale des femmes et le contexte dans lequel elles exercent leur maternité influence de façon significative leur expérience de la maternité ainsi que la façon dont elles sont perçues par les gens qui les entourent, incluant les intervenants sociaux. En effet, les femmes qui font partie d’un groupe social marginalisé ou qui vivent dans des conditions sociales précaires ou adverses sont plus susceptibles d’être perçues comme de « mauvaises » mères. Cette tendance est particulièrement présente dans certains champs de l’intervention sociale, dont les services de protection de l’enfance, mais elle est aussi perceptible dans la population générale et dans les médias.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Simon Lapierre
section icon Date : 8 mai 2012

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