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Christian Poirier : INRS - Institut national de la recherche scientifique
L'objectif principal de cette communication est de présenter et discuter les principaux résultats d'une recherche inédite portant sur la participation culturelle des jeunes à Montréal, et ce en se concentrant spécifiquement sur la question du numérique. Effectuée en partenariat avec Culture Montréal et le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, la recherche a pour objectifs de mieux saisir et comprendre la diversité des pratiques culturelles des jeunes (12 à 34 ans), les contextes dans lesquels ces activités sont réalisées, les raisons et motivations qui les inspirent, les individus et lieux associés à la transmission culturelle ainsi que les impacts sur les personnes et les communautés. S'intéressant à l'ensemble de la chaîne de valeur culturelle (création, production, diffusion, consommation/partage) et aux bouleversements que le numérique induit dans celle-ci ainsi que dans les frontières entre les différents secteurs culturels, cette recherche de nature essentiellement qualitative entend mieux comprendre la complexité des dynamiques en jeu.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.