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Aurore Van De Winkel
Les médias numériques se révèlent être des canaux de diffusion et des informateurs sur les conflits de toutes sortes. Ils créent des espaces pour l'expression des conflits, développant ou désagrégeant des communautés de jugement défendant leurs visions et croyances à l'égard du monde et de la société, et ce dans des domaines très divers. Par exemple, dans le domaine de la politique ceux qui croient à des théories du complot vont se confronter aux discours officiels des politiciens au pouvoir et des sceptiques.
Cette communication dévoilera les résultats de l'analyse sémio-pragmatique d'une cinquantaine de discussions conflictuelles entre internautes francophones dans le cadre d'une telle théorie du complot. Provoqués par l'affaire Dominique Strauss-Kahn, ces dialogues ont été récoltés aléatoirement sur Internet dans des chats, forums de discussion et réseaux sociaux. Ils mettent en avant des croyances opposées ou complémentaires de communautés de jugement à propos de la théorie. Cette analyse nous a permis d'y relever des indices sur les stratégies cognitives, identitaires et sociales mises en place par les participants pour construire, adhérer, renforcer, partager, promouvoir ou défendre leurs croyances au cours de situations de conflit et ce, par le biais de discussions. Elle nous a permis également de comprendre les effets du conflit sur la construction, la défense, la promotion ou la désintégration d'une croyance « profane » chez ces communautés.
Depuis sa première édition, le colloque international Discours, représentations et argumentation propose d’explorer la problématique entourant les rapports entre ces trois dimensions interreliées de la communication. Alors que cette problématique peut être étudiée sous des angles variés, les discours sont au cœur de toute communication. Que celle-ci soit axée sur un support linguistique ou sur d’autres formes (visuelles, sonores, tactiles, multimédias), la communication repose sur l’organisation des contenus cognitifs, affectifs et moraux des représentations. En matière d’argumentation, le logos a connu plusieurs usages tout au long de l’histoire, pouvant être interprété comme discours, mot, représentation, raison, logique, etc. Certaines interprétations s’ouvrent davantage vers les contenus de sorte que le débat philosophique et scientifique a, de plus en plus, traité de la représentation non seulement selon le point de vue des structures cognitives du logos, mais également des contenus affectifs – pathos – moraux – éthos – des communications.
Pour la deuxième édition du colloque, notre proposition mise sur la problématique contemporaine du dialogue et de la violence communiqués par des discours, par les rapports entre ses représentations et arguments. Nous aimerions confronter des approches différentes, voire opposées, et en discuter à la lumière de travaux de deux types de producteurs de savoirs dans le domaine thématique du colloque : celui de chercheurs établis et celui d’étudiants-chercheurs provenant d’universités francophones québécoises (UdM, UQÀM, ULaval et USherbrooke). Nous croyons que le débat autour des représentations sous-jacentes à ces diverses manifestations discursivo-argumentatives permettra de réfléchir sur les mécanismes cognitifs, affectifs et éthiques de la communication et, surtout, des conséquences sociopolitiques des contextes de dialogue et de violence.