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Éloise Gaudreau
Né-e-s dans la foulée du mouvement altermondialiste post-Seattle, les libertaires contemporain-e-s défendent des principes anti-oppression et s'opposent à toute forme de hiérarchie, laissant supposer une opposition à la domination des hommes sur les femmes. Si sur le plan des principes et des pratiques organisationnelles (le collectif, le fédéralisme, l'organisation réticulaire), l'anarchisme et le féminisme semblent se recouper, des contradictions demeurent, questionnant les liens entre les fins et les moyens de l'action. L'étude de cas menée auprès de treize militants de l'Union communiste libertaire a permis de repérer des zones de tension : invisibilisation du travail des femmes, appropriation des tâches rétribuables par les hommes, sousreprésentation médiatique des femmes, disparité (quantitative et qualitative) en matière de prise de parole. Ainsi, les collectifs sont sexués et modulés par la dynamique de genre (sélection des revendications, des choix d'action, image publique, etc). La communication présentera les interprétations que font les militant-e-s de cette contradiction; la perçoivent-elles? Quels obstacles se trouvent sur le chemin de l'égalité? Reconnaissent-elles et ils la sexuation de leur collectif ou réfléchissent-ils et elles en terme de reproduction des structures sociales? Les militant-e-s font état du chemin parcouru et de celui qui reste à parcourir, qui impliquerait la construction d'un meilleur rapport de force des féministes à l'UCL.
Les mouvements sociaux ont été et demeurent à l’avant-garde du progrès social. On ne compte plus les manifestations organisées contre les inégalités, les injustices et l’absence de démocratie. Ces manifestations donnent lieu à des mouvements parfois puissants et durables. Plusieurs d’entre eux remettent en cause des rapports de domination, que l’on pense au mouvement des femmes, à la mobilisation LGBT, aux actions antiracistes. D’autres s’articulent à des luttes sociales comme le mouvement ouvrier et syndical, les mouvements étudiants, l’altermondialisation. Actives dans tous ces mouvements, des féministes tentent d’articuler et de décliner toutes les formes d’émancipation.
Il nous semble intéressant de repérer certaines convergences mais aussi les dissonances entre les féminismes et les autres luttes et mouvements sociaux. Le féminisme a-t-il laissé ses marques dans les autres formes de résistances? Le rapport entre le personnel et le politique constitue-t-il un point de convergence avec les luttes des femmes, permettant, par exemple, une personnalisation de l’implication ou une identification avec la cause? Qu’en est-il de la non-différenciation entre la fin et les moyens? De la critique de l’autorité et du pouvoir?
On a historiquement reproché aux groupes de gauche de reproduire la hiérarchie des sexes et des genres et de négliger les préoccupations féministes. Certaines études laissent à penser que cette hiérarchie des luttes existe aussi dans des luttes actuelles (altermondialiste, étudiante) ou du moins elles montrent la difficile prise en charge des analyses féministes par des mouvements et luttes mixtes. À l’occasion de ce colloque, nous aimerions mettre en lumière des éléments d’intégration et de non-intégration.
Thème du colloque :