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Mohamed Hani : Université Le Havre Normandie
L'accroissement de la dépendance automobile dans les déplacements des ménages, notamment pour les fréquentations commerciales a renforcé les inégalités de mobilité en accentuant les problèmes d'accessibilité aux ressources urbaines des ménages non ou faiblement motorisés. Alors que la ville s'organise selon un schéma multipolaire, les transports en commun demeurent organisés dans une logique radiale, desservant surtout le centre historique. La communication étudie, à partir de l'exemple du Havre, l'impact de l'automobilité en termes d'exclusion de certaines catégories de population dans l'accès aux lieux de commerce. Il s'agit de mettre en lumière les inégalités socio-spatiales d'accès des populations non-motorisés aux lieux de commerce, en s'appuyant sur une enquête réalisée auprès de 560 familles et une étude d'accessibilité des principaux pôles commerciaux de l'agglomération. Nos résultats révèlent des difficultés et des inégalités dans l'accessibilité temporelle aux différents lieux de commerce. Les habitants non-motorisés des quartiers défavorisés (Mont-Gaillard, Mare rouge, Bléville au Nord et les Neiges et l'Eure au sud) sont les plus exposés à ces difficultés. Même si ces derniers peuvent parfois trouver le nécessaire pour s'approvisionner dans leurs quartiers de résidence, l'accès aux lieux de commerce demeure néanmoins différencié.
Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.
De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.
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