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Rebecca Bendjama
Nous nous proposons de présenter notre recherche sur les discours de déconstruction, au sens d'une activité de rejet d'un paradigme représentationnel dominant. Notre travail vise à montrer qu'il existe un mécanisme sous-jacent qui structure l'activité de déconstruction en discours.
Les travaux portant sur la déconstruction abordent généralement celle-ci comme un outil au service de la recherche en sciences sociales. Le discours de déconstruction est alors l'objet d'une description orientée vers son résultat ou vers sa fonction. Ainsi, ces travaux ne permettent que partiellement de saisir le mécanisme à l'œuvre dans de tels discours. On ignore en partie quelles formes y prend le raisonnement.
Dans une démarche descriptive, nous nous servons du système des opérations logico-discursives issu de la logique naturelle pour construire un modèle de l'activité raisonnée déployée dans les discours de déconstruction. Dans ce but, nous avons choisi de travailler sur un corpus d'articles issus de la presse féministe de Suisse romande. L'étude de la schématisation fait apparaître trois composantes majeures du mécanisme de déconstruction, à savoir la mise en scène d'un contraste entre deux représentations d'un objet, une prise en charge communautaire renvoyant à des éléments de représentation sociale dominants, et une composante réfutative associée à l'activité de rejet de la représentation dominante et à l'étayage mobilisé dans le cadre de ce rejet.
Depuis sa première édition, le colloque international Discours, représentations et argumentation propose d’explorer la problématique entourant les rapports entre ces trois dimensions interreliées de la communication. Alors que cette problématique peut être étudiée sous des angles variés, les discours sont au cœur de toute communication. Que celle-ci soit axée sur un support linguistique ou sur d’autres formes (visuelles, sonores, tactiles, multimédias), la communication repose sur l’organisation des contenus cognitifs, affectifs et moraux des représentations. En matière d’argumentation, le logos a connu plusieurs usages tout au long de l’histoire, pouvant être interprété comme discours, mot, représentation, raison, logique, etc. Certaines interprétations s’ouvrent davantage vers les contenus de sorte que le débat philosophique et scientifique a, de plus en plus, traité de la représentation non seulement selon le point de vue des structures cognitives du logos, mais également des contenus affectifs – pathos – moraux – éthos – des communications.
Pour la deuxième édition du colloque, notre proposition mise sur la problématique contemporaine du dialogue et de la violence communiqués par des discours, par les rapports entre ses représentations et arguments. Nous aimerions confronter des approches différentes, voire opposées, et en discuter à la lumière de travaux de deux types de producteurs de savoirs dans le domaine thématique du colloque : celui de chercheurs établis et celui d’étudiants-chercheurs provenant d’universités francophones québécoises (UdM, UQÀM, ULaval et USherbrooke). Nous croyons que le débat autour des représentations sous-jacentes à ces diverses manifestations discursivo-argumentatives permettra de réfléchir sur les mécanismes cognitifs, affectifs et éthiques de la communication et, surtout, des conséquences sociopolitiques des contextes de dialogue et de violence.