Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Emilie Giroux-Gareau : Université de Montréal
Lorsqu'il est question d'accès équitable au marché de l'emploi, les femmes immigrantes sont particulièrement vulnérables, vivant souvent une double discrimination de nationalité et de sexe. Même si elles ont, pour la plupart, un niveau de scolarité plus élevé que les femmes nées au Canada, elles ont plus de difficulté à trouver un emploi équivalent à leurs titres de compétences, particulièrement pour exercer une profession réglementée par un ordre professionnel. Ces derniers justifient la non-reconnaissance des compétences (en tout ou en partie) par leur mandat de protection du public. Toutefois, ce mandat ne doit pas primer le droit à l'égalité, un droit constitutionnel qui vise à éliminer les discriminations, notamment en matière d'accès à l'emploi. La Charte des droits et libertés de la personne interdit expressément à un ordre professionnel d'exercer une discrimination dans l'admission d'une personne, tout en précisant qu'une exclusion fondée sur les aptitudes requises par un emploi est réputée non discriminatoire. Une difficulté réside donc dans la délimitation de la frontière entre la formation requise pour exercer une profession et le droit à la non-discrimination. La question que nous nous poserons est donc à savoir comment les ordres professionnels arrivent à concilier deux droits : celui du public à être protégé et celui des immigrantes qualifiées à l'égalité.
De tout temps des facteurs de répulsion, tels que les difficultés politiques, économiques et la pression démographique ont incité des individus à quitter leur pays. Plus récemment, la multiplication des moyens de communication et les réseaux qui se sont tissés entre les diasporas et les citoyens demeurés au pays d’origine contribuent à la diffusion de facteurs d’attraction qui stimulent l’immigration, comme l’attrait de la société de consommation, un régime politique plus démocratique, des salaires plus compétitifs et un filet de protections sociales plus étendu. La multiplication des accords de commerce, la mondialisation des échanges de toutes natures et l’avènement de la communauté européenne sont des exemples de phénomènes ayant fortement contribué à la remise en question du rôle traditionnel des États et des frontières. C’est dans ce contexte d’intégration économique qu’il est possible de mieux comprendre, du moins en partie, les mouvements migratoires volontaires.
Plusieurs États occidentaux veulent maintenir leur productivité et ralentir le vieillissement de leur population. Il y a une réelle compétition pour se doter de ressources humaines qui favoriseront l’essor d’une économie du savoir. Alors que le Canada et le Québec ont fait le choix d’avoir des politiques migratoires qui favorisent la venue de travailleurs migrants, il semble exister un clivage entre les idéaux et la réalité socioéconomique de ces derniers, notamment lorsqu'il est question d'accès au marché du travail. Des statistiques démontrent que les immigrants affichent un taux de chômage plus élevé que les Canadiens nés au pays. Une fois le processus complété, plusieurs migrants se butent aux obstacles de reconnaissance de leurs acquis. Au Canada comme ailleurs, les travailleurs migrants, qu'ils soient qualifiés ou non, doivent faire face à de nombreux défis pour faire respecter leurs droits.
Titre du colloque :
Thème du colloque :