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Le mouvement des femmes et le mouvement communautaire autonome : convergences, dissonances et résistances

MD

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Marcelle Dubé : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

Bien que ces deux mouvements coexistent et co-agissent ensemble sur le territoire québécois pour « changer le monde » depuis plus de quarante ans, il est remarquable de voir, et ce malgré plusieurs actions menées de concert, que les groupes qui composent chacun de ces mouvements revendiquent encore et toujours leur appartenance propre à celui-ci, après toutes ces années d'action. Comment les répertoires d'action et les formes de mobilisation développés au sein de chacun de ces mouvements s'inter-influencent-ils et s'alimentent-ils ? De quelle manière la perspective identitaire, bien présente au départ dans le mouvement des femmes, joue-t-elle favorablement ou défavorablement dans la reprise des analyses du mouvement communautaire ? Existe-t-il des passerelles, des vases communicants entre les « nous » des groupes de femmes et le « nous » de l'action communautaire autonome ? Et jusqu'où les enjeux soulevés par le mouvement communautaire nourrissent les débats au sein du mouvement des femmes et ceux développés par le mouvement des femmes sont repris du côté du communautaire autonome ? Cette communication interrogera lesconvergences, les dissonances et les résistances agissant entre ces deux mouvements, permettant ainsi de soulever un pan des dynamiques d'intégration et de non-intégration à l'œuvre et déceler quelques-unes des représentations que ces dynamiques nous donnent à voir et à comprendre dans les avancées féministes au sein des mouvements sociaux au Québec.

Résumé du colloque

Les mouvements sociaux ont été et demeurent à l’avant-garde du progrès social. On ne compte plus les manifestations organisées contre les inégalités, les injustices et l’absence de démocratie. Ces manifestations donnent lieu à des mouvements parfois puissants et durables. Plusieurs d’entre eux remettent en cause des rapports de domination, que l’on pense au mouvement des femmes, à la mobilisation LGBT, aux actions antiracistes. D’autres s’articulent à des luttes sociales comme le mouvement ouvrier et syndical, les mouvements étudiants, l’altermondialisation. Actives dans tous ces mouvements, des féministes tentent d’articuler et de décliner toutes les formes d’émancipation.

Il nous semble intéressant de repérer certaines convergences mais aussi les dissonances entre les féminismes et les autres luttes et mouvements sociaux. Le féminisme a-t-il laissé ses marques dans les autres formes de résistances? Le rapport entre le personnel et le politique constitue-t-il un point de convergence avec les luttes des femmes, permettant, par exemple, une personnalisation de l’implication ou une identification avec la cause? Qu’en est-il de la non-différenciation entre la fin et les moyens? De la critique de l’autorité et du pouvoir?

On a historiquement reproché aux groupes de gauche de reproduire la hiérarchie des sexes et des genres et de négliger les préoccupations féministes. Certaines études laissent à penser que cette hiérarchie des luttes existe aussi dans des luttes actuelles (altermondialiste, étudiante) ou du moins elles montrent la difficile prise en charge des analyses féministes par des mouvements et luttes mixtes. À l’occasion de ce colloque, nous aimerions mettre en lumière des éléments d’intégration et de non-intégration.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Rachel Chagnon
section icon Date : 8 mai 2012

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