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En vertu de la traditionnelle division sexuelle des
tâches mais aussi en conséquence du temps de travail effectif des chefs
d'entreprise (plus de 50 heures par semaine), son conjoint (le plus souvent une
conjointe) se trouve en situation de contrôle et de pouvoir sur la sphère
domestique. Aussi, si le charbonnier est maître chez lui, le patron ne l'est
pas toujours. Une des conséquences de ce partage du pouvoir est que le patron
n'est pas forcément en position de guider ses enfants dans leurs choix d'études
et de carrière, avec les conséquences que l'on imagine dans le cas où il
souhaiterait les voir intégrer l'entreprise familiale et à terme lui succéder.
La littérature a ainsi souvent insisté sur le travail de dissuasion opéré par
les épouses sur leur progéniture, les mères veillant à prévenir les enfants de
la vie de labeur du petit patron en les encourageant à faire des études et à
embrasser le salariat. Cette attitude est en effet répandue, mais elle n'est
pas unique, tant s'en faut : on voit aussi des femmes du patron qui, pour
des raisons de sécurité matérielle ou de concorde familiale, encouragent au
contraire leurs enfants à suivre la voie paternelle. On s'intéressera aux
contenus et aux modalités de la définition des projets parentaux au sein des « couples
patronaux ». Ces observations et analyses se basent sur des cas de
familles en entreprise belges et québécoises (des PME de moins de 50 salariés)
étudiées sur plusieurs générations au moyen d'entretiens croisés.
Au sein du couple, la prise de décision se fait le plus souvent sans vraiment s’en rendre compte dans le cadre d’une « simple » discussion. Cette simplicité ne doit cependant pas occulter le fait que toute décision entre partenaires est le fruit d’une négociation. La négociation est un processus d’identification et de choix spécifiques à partir d’une situation d’incertitude par lequel au moins deux parties recherchent un accord par un échange de contreparties. Il s’agit en somme d’une relation sociale, dans laquelle les acteurs confrontent leurs divergences et interdépendances et décident volontairement de rechercher, ou non, une solution, un accord mutuellement acceptable. Prendre la négociation comme objet d’étude, c’est dès lors se donner les moyens d’analyser, de déconstruire méthodiquement et de comprendre des relations interindividuelles, parfois délicates et comportant des enjeux communicationnels et de pouvoir. Si la négociation se situe à tous les plans de la vie sociale (personnelle, conjugale, familiale et professionnelle), dans le cadre de ce colloque nous porterons notre attention sur la négociation au sein du couple. Peu d’études, à notre connaissance, se sont focalisées sur les processus de décision entre les partenaires que ce soit dans la gestion de l’argent et des biens ou dans la sphère intime touchant la sexualité, la protection contre les ITSS, la reproduction et le désir d’enfant. Ce colloque a pour objectif d’explorer ces dimensions à partir de réflexions théoriques et de présentations de résultats empiriques dans ce domaine en analysant non seulement les stratégies décisionnelles des individus mais aussi les contextes sociaux dans lesquels ils prennent place. Au-delà des discours et effets des décisions prises au sein des couples, c’est toute la genèse des stratégies mises en place par les différents acteurs qui est à explorer ainsi que les enjeux individuels, familiaux, de couple, voire de genre qui sont au cœur de ces processus de négociation.
Titre du colloque :