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Jean-François Lachance
À l'instar des autres phénomènes démographiques, la migration interne est fortement liée à l'âge. Bien que les Québécois de 65 ans et plus forment le groupe le moins susceptible de déménager vers une autre région ou MRC, l'examen approfondi de la dynamique migratoire des aînés révèle des disparités notables entre les différents âges de la vieillesse et entre les réalités régionales.
L'étude des flux migratoires permet dans un premier temps de distinguer les zones qui semblent attirer les aînés de celles qui, au contraire, peinent à les retenir. Cette analyse veille à faire ressortir les différences entre les différents groupes d'âge, ainsi que celles entre les sexes, lorsque les données s'y prêtent. L'étude tente ensuite de voir si les résultats obtenus peuvent être expliqués par certains facteurs associés à la migration des aînés. Enfin, l'effet potentiel du vieillissement sur le bilan migratoire des régions est examiné, tout comme l'influence des migrations internes sur le vieillissement attendu dans les régions.
Pour réaliser cette étude, les données dénominalisées du Fichier des personnes assurées (FIPA) dela Régiede l'assurance maladie du Québec sont exploitées. Mise à jour annuellement, cette source se distingue par son exhaustivité et sa qualité, en plus d'offrir l'avantage de couvrir tous les aînés, qu'ils demeurent en ménage privé ou collectif.
Sur le plan socioéconomique, le vieillissement démographique se répercute notamment sur les programmes publics et leur financement, qu’il s’agisse des services sociaux et de santé, des régimes de retraite, de l’adaptation des infrastructures, etc. La disponibilité de la main-d’œuvre, la vitalité des territoires et, plus globalement, la croissance économique sont aussi au nombre des préoccupations liées au vieillissement et qui interpellent les instances publiques. De par la force du nombre, l’apport économique, social et politique des personnes âgées devrait aussi entraîner des changements importants dans la société, qu’il faut valoriser.
Sur le plan des individus et de leurs proches, la perte d’autonomie et les limitations d’activité conjuguées aux modifications des structures familiales et sociales ne seront pas sans conséquence. L’amélioration de l’espérance de vie et les incitations à prolonger la vie active devraient également marquer les habitudes et les conditions de vie des personnes vieillissantes. Enfin, d’éventuelles interventions gouvernementales visant à adapter le financement des programmes publics pourraient influencer les conditions de vie des personnes âgées.
Ainsi, le processus du vieillissement soulève des enjeux collectifs et individuels qui influent les uns sur les autres. Or, les travaux de recherche publiés à ce jour mettent généralement l’accent sur l’un ou l’autre de ces enjeux. En rassemblant dans un même lieu les chercheurs s’intéressant à l’une ou l’autre de ces perspectives, le colloque vise à créer un terrain propice à la mise en évidence des interactions et de l’interdépendance des phénomènes. Cette mise en commun (ou ce carrefour d’idées) fournirait aux décideurs un éclairage à la fois sur le caractère multidimensionnel des changements à venir et sur les impacts d’éventuelles réformes.
Le colloque réunira des chercheurs d'horizons disciplinaires variés, tant du milieu académique que des ministères et organismes gouvernementaux.
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