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Jonathan Lang : Université de Montréal
Le facteur linguistique occupe un rôle primordial au sein de la construction de l'identité québécoise. Aussi, comme le démontre le modèle interculturel, ce facteur est souvent instrumentalisé à des fins politiques. Souvent, la littérature sur l'interculturalisme souligne qu'une langue commune est un facilitateur nécessaire pour l'intégration des différentes communautés minoritaires. Or, cette relation est rarement abordée de manière empirique.
Pour évaluer les effets ou les limites du facteur linguistique dans la facilitation de l'intégration, une comparaison est entreprise entre deux groupes minoritaires juifs de Montréal : un anglophone (ashkénazes) et l'autre francophone (sépharades). Contrairement à plusieurs politologues abordant l'intégration d'une vision plus générale, ce projet définit le concept d'une manière multidimensionnelle.
Une évaluation désagrégée sur l'intégration de ces deux groupes témoigne de résultats surprenants. Ceux-ci indiquent que l'apprentissage du français comme langue primaire n'est pas un atout pour déterminer les niveaux d'intégration. Selon les indicateurs observés, ces résultats suggèrent en fait que les deux groupes s'intègrent avec des taux de succès variables. Cette nouvelle perspective suscite non seulement une révision de la conception de l'influence et des limitations d'une langue commune comme facilitateur de l'intégration, mais aussi une révision de l'emphase mise sur l'importance de la langue au sein du modèle interculturel.
Organisé par le Centre de ressources pour l’étude des Cantons-de-l’Est (CRCE) et le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA), en partenariat avec Quebec Community Groups Network et l’Équipe de recherche interuniversitaire sur la littérature anglo-québécoise (ÉRILAQ), le colloque aborde les façons de lier la recherche sur les communautés d’expression anglaise du Québec à la politique et à l’intervention.
Nous explorerons divers aspects de ce thème, notamment :
Comment la recherche universitaire officielle, spécialisée dans des domaines comme la littérature ou la sociologie, pourrait‑elle contribuer à soutenir les communautés d’expression anglaise du Québec et à renforcer leur vitalité? Comment les groupes communautaires et les responsables des politiques (pouvoirs publics et organisations non gouvernementales) pourraient‑ils accéder à la recherche et l’interpréter de manière significative dans leur travail?
Comment pourrions‑nous, en tant que collectivité, élaborer des projets de recherche à la fois dynamiques et participatifs, et favoriser le transfert des connaissances tout en tenant compte des besoins des chercheurs et de ceux des membres de la communauté?
Quelles possibilités, voire quels défis, accompagneront la création de liens entre chercheurs, groupes communautaires et pouvoirs publics?
Quelle infrastructure de recherche (groupes de chercheurs, bibliographies, sites Web, colloques, etc.) est nécessaire pour améliorer l’efficacité des partenariats entre représentants des secteurs de la recherche, des pouvoirs publics et de la communauté?
Le colloque abordera ces questions lors de séances (et de tables rondes) organisées par discipline : éducation, histoire, diversité et immigration, économie, santé, littérature. Une table ronde portera également sur l’état de la recherche dans son ensemble.