Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Elsa Beaulieu
C'est principalement à l'intérieur des Forums sociaux mondiaux (FSM) et de l'Assemblée des mouvements sociaux (AMS) que se sont forgées les alliances que la Marche mondiale des femmes (MMF) entretient avec différents mouvements appartenant à la mouvance altermondialiste, à l'échelle internationale, et donc à partir de 2001. Depuis, ces alliances sont en construction et en évolution constante. Elles ont notamment pris forme en dehors des FSM, et ce selon une dynamique qui varie en fonction des différentes échelles géographiques (globale, continentale, nationale, locale), ainsi qu'en fonction des régions et des pays considérés. À l'échelle globale, l'alliance politique la plus forte entretenue par la MMF est celle forgée avec La Via Campesina (VC). Parallèlement, au Brésil (donc à l'échelle nationale), une alliance s'est formée et progressivement renforcée entre la MMF brésilienne et le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST), membre de VC. À la faveur du fait que la MMF brésilienne est hôte du Secrétariat international de la MMF depuis 2006, cette alliance à l'échelle nationale a renforcé et été renforcée par l'alliance internationale MMF – VC. Cette communication se propose de présenter l'historique de ces alliances, leurs dynamiques et leurs justifications stratégiques, et surtout d'en proposer une analyse exploratoire qui contribuera à en cerner les impacts concrets, les succès et les défis.
Les mouvements sociaux ont été et demeurent à l’avant-garde du progrès social. On ne compte plus les manifestations organisées contre les inégalités, les injustices et l’absence de démocratie. Ces manifestations donnent lieu à des mouvements parfois puissants et durables. Plusieurs d’entre eux remettent en cause des rapports de domination, que l’on pense au mouvement des femmes, à la mobilisation LGBT, aux actions antiracistes. D’autres s’articulent à des luttes sociales comme le mouvement ouvrier et syndical, les mouvements étudiants, l’altermondialisation. Actives dans tous ces mouvements, des féministes tentent d’articuler et de décliner toutes les formes d’émancipation.
Il nous semble intéressant de repérer certaines convergences mais aussi les dissonances entre les féminismes et les autres luttes et mouvements sociaux. Le féminisme a-t-il laissé ses marques dans les autres formes de résistances? Le rapport entre le personnel et le politique constitue-t-il un point de convergence avec les luttes des femmes, permettant, par exemple, une personnalisation de l’implication ou une identification avec la cause? Qu’en est-il de la non-différenciation entre la fin et les moyens? De la critique de l’autorité et du pouvoir?
On a historiquement reproché aux groupes de gauche de reproduire la hiérarchie des sexes et des genres et de négliger les préoccupations féministes. Certaines études laissent à penser que cette hiérarchie des luttes existe aussi dans des luttes actuelles (altermondialiste, étudiante) ou du moins elles montrent la difficile prise en charge des analyses féministes par des mouvements et luttes mixtes. À l’occasion de ce colloque, nous aimerions mettre en lumière des éléments d’intégration et de non-intégration.
Thème du colloque :