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Anithe De Carvalho : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les mondes parallèles, l'environnement cinétique participatif et d'animation culturelle de Maurice Demers présenté à Terre des Hommes, a transformé la pratique artistique tout en annonçant le modèle de la démocratie culturelle; un nouveau public fut invité à contrôler les nouveaux médias au sein d'un art innovateur afin de mettre les nouvelles technologies au service d'un bien-être. Nous démontrerons cette hypothèse en établissant un parallèle entre les caractéristiques de la démocratie culturelle énoncées par Lise Santerre et le discours esthétique néo-avant-gardiste de Demers au regard de la notion de nouveau public de l'art, car tous les deux veulent l'atteindre et favoriser la production d'une culture populaire répondant aux nécessités des participant-e-s. Nous verrons, avec Les mondes parallèles, les enjeux des nouvelles technologies d'alors dans le champ des arts visuels, comme la vidéo par exemple, et les conséquences sur le développement d'un nouveau public. L'œuvre comporte désormais une nouvelle fonction sociale, soit l'intégration de l'individu dans la communauté du Village global. L'artiste joue un nouveau rôle, celui d'animateur. Le public est un participant essentiel à l'œuvre, car lui seul est responsable de son devenir : l'Homme nouveau.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.
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