pen icon Colloque
quote

Les musulmans de Finlande face à un modèle de reconnaissance de la diversité : un défi ou une opportunité de gestion/politique

TR

Membre a labase

Tanja RIJKONEN : Université de Montréal

Résumé de la communication

L'objectif de l'exposé est d'étudier l'islam en Finlande en relation avec les politiques de la diversité à l'œuvre dans le pays. La Finlande, un État-nation souverain depuis 1917, est majoritairement luthérienne et souvent décrite comme culturellement homogène. Pourtant, la visibilité des musulmans y a augmenté considérablement depuis les deux dernières décennies. Ceci est dû, entre autres, à l'accroissement de la mobilité internationale. L'État finlandais s'inscrit dans une optique dite de non-confessionnalité, mais un statut privilégié constitutionnel est accordé à l'Église évangélique-luthérienne de Finlande. Malgré la sécularisation croissante dans le pays, à l'instar de plusieurs États occidentaux, le but de l'État finlandais ne semble pas être la marginalisation ou la privatisation de la religion, ni de la majorité luthérienne, ni des minorités ethno-religieuses. Pourtant, ce contexte nordique paraît se caractériser actuellement par la montée du parti politique de droite nationaliste, ce qui modifie les attitudes publiques envers les minorités. Notre exposé examinera ce contexte particulier, et proposera une analyse de la situation des musulmans en Finlande. De plus, puisque chaque histoire nationale accorde une certaine place légale aux minorités dans la sphère publique et donc, contribue à forger leurs identités, notre réflexion débouchera sur une problématisation des politiques finlandaises de la diversité et de ses transformations critiques actuelles.

Résumé du colloque

Le progrès scientifique prédisait le déclin, voire l’extinction de la religion. Pourtant, elle est d’actualité. Nous envisageons dans le cadre de ce colloque d’explorer les mutations du religieux dues à la migration. D’un côté, des immigrants reçus s’installent aspirant à être acceptés dans leurs identités culturelles, y compris religieuses. De l’autre, des réfugiés, privés des droits de citoyens, cachés du débat public, bien que présents dans la société tentent de préserver leurs pratiques religieuses. En parallèle, une émigration intra-religieuse se développe pour fournir des cadres ecclésiaux, là où ils sont en pénurie.

Comment les croyants issus de toutes les traditions participent-ils à la production de nouvelles catégories identitaires ? Est-ce qu’ils adoptent, rejettent ou négocient la religion ? Sujets citoyens, ils vivent, pour les uns, une « acculturation », c’est-à-dire un changement dans les modèles originaux de pratiques du fait d’un « contact continu et direct » avec des cultures différentes, et pour les autres, une « inculturation », c’est-à-dire l’insertion de leur expérience religieuse dans l’enrichissement de la culture religieuse de la société d’accueil. Au-delà de leur perception par les populations locales, l’installation définitive de ces croyants met en lumière des zones de tension souvent attribuées à un conflit axiologique plutôt qu’à des politiques d’intégration. Or, cette perception d’une opposition de valeurs semble bien illusoire, car il s’agit d’un processus complexe de négociation entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, une négociation qui commence avant tout avec une reconnaissance réciproque et une déconstruction des préjugés. Ce colloque permettra de mieux cerner les transformations religieuses dans la perspective d’expériences issues de parcours migratoires particuliers.

Axe 1 – Femmes et religions

Axe 2 – Communautés religieuses et pratiques

Axe 3 – Gestion du religieux

Axe 4 – Questions théoriques

Axe 5 – Diversité religieuse et État

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :