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Jenny Rioux : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'Amérique latine, au cœur du phénomène de féminisation de la main-d'œuvre, est particulièrement préoccupée par le sort de ses travailleuses domestiques. Le service domestique, traditionnellement résident chez l'employeur, qui était autrefois effectué par des femmes migrantes des régions rurales est maintenant un secteur où abondent les immigrantes internationales. Dans le cas du Chili, on remarque que le travail domestique constitue un secteur de très forte concentration de la main-d'œuvre migrante féminine issue des pays avoisinants ; les Péruviennes, à elles seules, représentent 70% des travailleuses domestiques migrantes, principalement dans la modalité « live-in ».
Le concept d'internormativité nous permet non seulement d'expliciter la vulnérabilité de ces femmes à l'intersection des facteurs de discrimination basés sur le sexe, la race et le statut, mais également d'entrevoir certaines pistes de solution. Nous ferons donc ressortir les liens et les contradictions qui existent entre les normes issues des droits humains, du droit du travail et de la législation migratoire sur le plan national, bilatéral, sous-régional, régional et international.
De tout temps des facteurs de répulsion, tels que les difficultés politiques, économiques et la pression démographique ont incité des individus à quitter leur pays. Plus récemment, la multiplication des moyens de communication et les réseaux qui se sont tissés entre les diasporas et les citoyens demeurés au pays d’origine contribuent à la diffusion de facteurs d’attraction qui stimulent l’immigration, comme l’attrait de la société de consommation, un régime politique plus démocratique, des salaires plus compétitifs et un filet de protections sociales plus étendu. La multiplication des accords de commerce, la mondialisation des échanges de toutes natures et l’avènement de la communauté européenne sont des exemples de phénomènes ayant fortement contribué à la remise en question du rôle traditionnel des États et des frontières. C’est dans ce contexte d’intégration économique qu’il est possible de mieux comprendre, du moins en partie, les mouvements migratoires volontaires.
Plusieurs États occidentaux veulent maintenir leur productivité et ralentir le vieillissement de leur population. Il y a une réelle compétition pour se doter de ressources humaines qui favoriseront l’essor d’une économie du savoir. Alors que le Canada et le Québec ont fait le choix d’avoir des politiques migratoires qui favorisent la venue de travailleurs migrants, il semble exister un clivage entre les idéaux et la réalité socioéconomique de ces derniers, notamment lorsqu'il est question d'accès au marché du travail. Des statistiques démontrent que les immigrants affichent un taux de chômage plus élevé que les Canadiens nés au pays. Une fois le processus complété, plusieurs migrants se butent aux obstacles de reconnaissance de leurs acquis. Au Canada comme ailleurs, les travailleurs migrants, qu'ils soient qualifiés ou non, doivent faire face à de nombreux défis pour faire respecter leurs droits.
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