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Denitsa Tsvetkova
Peut-on parler d'immigration d'une église? Autant qu'il s'agisse d'un déplacement légalisé d'une institution dûment passée par la procédure juridique, le parallèle avec la définition d'immigration semble-t-il évident. Pourtant, le résultat d'un tel déplacement est une ecclésiologie renversée par rapport à ses principes de base, car les notions « Église locale » et « l'Église nationale »(Baillargeon 1989; Panev 1995) sont confrontées à une réalité « glocale »(Brodeur 2006). L'accommodement du mode de fonctionnement de l'église en diaspora est-il lié d'une perte identitaire et/ou d'un enrichissement? Une analyse comparative de deux codex de fondation qui découpent le fonctionnement de l'institution selon le droit civil et le droit canonique respectivement en Bulgarie et au Québec (Canada) démontre un glissement sémantique de la notion de l'Église. Comment le prêtre, lui-même immigrant, qui gagne sa vie pendant la semaine en travaillant dans la construction, perçoit les défis d'acculturation et l'inculturation? Quelle est la perception des immigrants bulgares de cette réalité?
La présente communication est une réflexion sur les questions émergeant de la réalité ecclésiale et communautaire des immigrants bulgares à Montréal, basée sur des entrevues semi-dirigées et sur une lecture parallèle de documents ecclésiaux de base.
Le progrès scientifique prédisait le déclin, voire l’extinction de la religion. Pourtant, elle est d’actualité. Nous envisageons dans le cadre de ce colloque d’explorer les mutations du religieux dues à la migration. D’un côté, des immigrants reçus s’installent aspirant à être acceptés dans leurs identités culturelles, y compris religieuses. De l’autre, des réfugiés, privés des droits de citoyens, cachés du débat public, bien que présents dans la société tentent de préserver leurs pratiques religieuses. En parallèle, une émigration intra-religieuse se développe pour fournir des cadres ecclésiaux, là où ils sont en pénurie.
Comment les croyants issus de toutes les traditions participent-ils à la production de nouvelles catégories identitaires ? Est-ce qu’ils adoptent, rejettent ou négocient la religion ? Sujets citoyens, ils vivent, pour les uns, une « acculturation », c’est-à-dire un changement dans les modèles originaux de pratiques du fait d’un « contact continu et direct » avec des cultures différentes, et pour les autres, une « inculturation », c’est-à-dire l’insertion de leur expérience religieuse dans l’enrichissement de la culture religieuse de la société d’accueil. Au-delà de leur perception par les populations locales, l’installation définitive de ces croyants met en lumière des zones de tension souvent attribuées à un conflit axiologique plutôt qu’à des politiques d’intégration. Or, cette perception d’une opposition de valeurs semble bien illusoire, car il s’agit d’un processus complexe de négociation entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, une négociation qui commence avant tout avec une reconnaissance réciproque et une déconstruction des préjugés. Ce colloque permettra de mieux cerner les transformations religieuses dans la perspective d’expériences issues de parcours migratoires particuliers.
Axe 1 – Femmes et religions
Axe 2 – Communautés religieuses et pratiques
Axe 3 – Gestion du religieux
Axe 4 – Questions théoriques
Axe 5 – Diversité religieuse et État