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L'immobilité à Rio de Janeiro, au-delà de la pauvreté

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Benjamin Motte-Baumvol : Université de Bourgogne

Résumé de la communication

Dans la Région Métropolitaine de Rio de Janeiro près d'un habitant sur deux ne s'est pas déplacé durant la journée. Cette valeur est proche de celle mesurée dans une autre agglomération brésilienne importante, São Paulo, mais très supérieure à celles observées dans les villes européennes. Dans la littérature, la pauvreté est mise en avant pour expliquer ces hauts niveaux d'immobilité sans que ne soit indiqué quelles caractéristiques de la pauvreté ou des populations pauvres conduisent à l'immobilité. Dans la ville de Rio de Janeiro, fortement ségréguée, où les populations pauvres se concentrent dans la partie nord et les populations les plus riches dans le sud, cela pourrait se manifester par une forte dimension géographique de l'immobilité et une opposition nord-sud. Nos résultats contredisent partiellement cette hypothèse, sachant que toutes choses égales par ailleurs la probabilité d'être immobile n'est pas plus forte dans la zone nord que dans la zone sud. Pour autant, l'immobilité reste beaucoup plus élevée au nord en raison d'un fort effet de structure de la population.

Résumé du colloque

Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.

De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

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