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Farès Boubakour : Université d'Alger
La communication présente les résultats de recherche d'un projet finalisé en 2010. Ce projet traitait de la thématique des transports urbains et développement durable au sein de la ville de Batna (Algérie). Dans le cadre de cette recherche, nous avons mené, entre autres, une étude sur l'exclusion du réseau de transports collectifs par bus de certaines catégories de la population (en grande partie les habitants des quartiers périurbains). Cette forme d'exclusion a été analysée à travers trois aspects : couverture spatiale, couverture temporelle et coûts de transports. L'enquête menée a montré qu'en dépit du fait qu'il y a globalement une bonne desserte de la ville, il subsiste toutefois des quartiers (défavorisés justement) qui n'ont pas une bonne couverture, voire parfois inexistante. Et du coup, nous avons tenté de comprendre les solutions alternatives développées par les personnes concernées. Les résultats ont montré que ces « exclus » du réseau compensaient ce déficit par une plus grande part de marche à pied et/ou en faisant appel aux services de transporteurs informels par taxi clandestins, ce qui leur revient également cher!
Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.
De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.
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