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Lanciné Eric Diop
L'objectif de cette communication est d'analyser les interactions entre mobilités quotidiennes, mobilité résidentielles et inégalités socio-économiques. Le cas d'étude choisi à cet effet est celui de la région transfrontalière de Luxembourg. L'intérêt porté à cette région réside dans la nature des processus spatiaux qui l'affectent, à savoir : un marché de l'emploi dynamique et extraverti (45% de frontaliers) et des différentiels des prix de l'immobilier importants entre Luxembourg et sa périphérie transfrontalière. L'enjeu est que les jeux sur les différentiels de prix de l'immobilier et du foncier contribuent à la formation d'un espace résidentiel de plus en plus fragmenté. Quelles nouvelles lignes de fractures sociales la frontière a contribue-elle à former? Quels espaces de mobilités pour quelles catégories sociales? Quelles stratégies les ménages mettent-elles en place pour optimiser l'arbitrage entre leurs aspirations résidentielles, leurs potentiels de mobilité quotidienne et les contraintes socio-économiques ? Nous allons tenter d'apporter des éléments de réponses à ces questions en mobilisant des données administratives luxembourgeoises (IGSS) ainsi que des données issues de notre enquête de terrain portant sur les ménages.
Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.
De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.
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