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La maternité est une construction sociale qui varie dans le temps et dans l’espace. Au Québec, comme dans l’ensemble des sociétés occidentales, on peut identifier un discours dominant et institutionnalisé, qui s’inspire d’une vision idéalisée de l’expérience de femmes américaines-européennes, blanches, hétérosexuelles, de classe moyenne, et qui la présente comme naturelle et universelle. Ce discours contribue à la régulation des femmes et de leur maternité, en les désignant comme ultimement responsables de la santé et du bien-être de leurs enfants et en leur imposant un ensemble des règles et de normes auxquelles elles doivent obéir pour être perçues comme de « bonnes » mères. Cet ensemble de règles et de normes est généralement établi par des « experts » sur le développement des enfants, puis intégré dans les politiques et interventions sociales. Malgré ceci, les femmes ont des expériences différentes de la maternité. Si les femmes ne peuvent échapper au discours dominant, certaines femmes peuvent néanmoins remettre en question certains éléments de ce discours ou y résister. Dans certaines circonstances, la maternité peut aussi être un lieu de pouvoir pour certaines femmes. Bien que la maternité soit fréquemment présentée comme naturelle et universelle, la position sociale des femmes et le contexte dans lequel elles exercent leur maternité influence de façon significative leur expérience de la maternité ainsi que la façon dont elles sont perçues par les gens qui les entourent, incluant les intervenants sociaux. En effet, les femmes qui font partie d’un groupe social marginalisé ou qui vivent dans des conditions sociales précaires ou adverses sont plus susceptibles d’être perçues comme de « mauvaises » mères. Cette tendance est particulièrement présente dans certains champs de l’intervention sociale, dont les services de protection de l’enfance, mais elle est aussi perceptible dans la population générale et dans les médias.