Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Hassan Mouri : Université de Sfax
Depuis la fin des années quatre-vingt, la Tunisie a intégré l'économie du marché après une phase de son histoire caractérisée par l'échec des stratégies dirigistes et de l'économie planifiée. La phase actuelle se base sur la mise en œuvre des politiques officielles de l'Etat et des organisations internationales en matière de développement rural. Souffrant déjà d'une large marginalisation, d'un manque d'eau de plus en plus ascendant, d'un statut foncier controversé, d'un problème chronique de vieillissement de la population, de sous-investissement et de manque de politiques et de stratégies cohérentes, la petite et moyenne paysannerie est en crise perpétuelle.
La petite et moyenne paysannerie reste livrée à elle-même, tant que les politiques agricoles soutiennent les grandes institutions agricoles qui contribuent pleinement à la mise en œuvre des stratégies de l'Etat en matière de l'autosuffisance alimentaire, l'emploi et de l'exportation des produits agricoles. En effet, les grandes entreprises et les grands agriculteurs, soutenus par l'Etat, ont bien négocié leur part de l'eau de surface et souterraine. L'impact de cette situation a contribué manifestement au développement à nouveau « métayage » : le commerçant ou l'intermédiaire finance le paysan pour récupérer enfin toute la récolte avec un prix rudimentaire qui ne peut jamais couvrir l'effort du paysan.
Avec la montée des préoccupations liées aux impacts du changement climatique (CC), la question de la vulnérabilité et de l’adaptation des sociétés s’est particulièrement affirmée ces dernières années. L’adaptation qui a fait l’objet d’un volume spécifique dans le dernier rapport IPCC 2007, interroge la capacité réflexive des sociétés à infléchir leur trajectoire pour affronter des conditions environnementales dont certaines sont présentées comme inéluctables (montée des eaux et vulnérabilité des littoraux, événements extrêmes, variation de la disponibilité des ressources en eau…).
La définition de l’adaptation renvoie cependant à des réalités différentes, qu’il s’agisse d’une adaptation proactive, spontanée ou planifiée (IPCC 2001) et selon qu’elle concerne des politiques publiques, des comportements individuels, des processus technologiques, des référents culturels ou encore les fondements des systèmes économiques. L'adaptation conduit à une redéfinition des modes de pensée qui sont à la base de nos conceptions des rôles de l'État, du marché, des collectivités locales, de l'individu, de l'entreprise privée, etc.
Ce colloque a pour but de regrouper dans le cadre d'un échange pluridisciplinaire des spécialistes qui s'intéressent à la question de l'adaptation. Ce champ scientifique en plein essor depuis une dizaine d'années, suscite de nombreux débats (notamment sur la critique du statut du concept d’adaptation) et tant les efforts de théorisation, que la confrontation de recherches empiriques sont une nécessité pour baliser le champ et pour penser le rapport de la connaissance à l’action.
Titre du colloque :