pen icon Colloque
quote

Potentiels de mobilité et inégalités sociales : la matérialisation des politiques publiques dans quatre agglomérations en Suisse et en France

HM

Membre a labase

Hanja Maksim : EPFL - École Polytechnique fédérale de Lausanne

Résumé de la communication

Depuis quelques décennies en Europe, les politiques locales de transports urbains ont pour objectif de réduire l'utilisation de l'automobile alors que, parallèlement, la mobilité est devenue une ressource essentielle de l'insertion sociale. Les politiques de développement massif de réseaux de transports publics, qui visent entre autres à assurer cette mobilité, ne suffisent néanmoins pas toujours à dépasser ce paradoxe. Il s'agira alors de comprendre les inégalités sociales que cela peut produire à l'aide de la notion de motilité comme capital. En effet, la façon dont les politiques publiques menées dans les champs des transports et de l'aménagement du territoire se matérialisent peut avoir des conséquences importantes en termes d'inégalités sociales de mobilité. C'est ce qui sera discuté dans l'analyse de quatre agglomérations en Suisse et en France, au moyen de la notion de motilité. En considérant à la fois les accès, les compétences et les projets des personnes, elle fournit un outil d'analyse et de compréhension qui permet de considérer la mobilité dans son ensemble, et non plus uniquement en termes de déplacements ou d'accès.

Résumé du colloque

Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.

De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :