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Hélène Bourdeloie : Université Sorbonne Paris Nord
A partir d'enquêtes de terrain sur les usages des technologies de l'information et de la communication (TIC) et les pratiques culturelles, de loisirs et d'écriture numérique, nous nous intéressons ici à la façon dont les TIC favorisent l'éclectisme au sein des sphères culturelles individuelles, éclectisme s'exerçant différemment selon le genre (homme/femme). Force est d'admettre qu'en désenclavant la culture légitime, les TIC ont contribué à modifier les rapports à la hiérarchie culturelle et favorisé l'éclectisme dans les pratiques culturelles. Toutefois, au regard de la division sexuée des goûts et des pratiques culturelles et numériques, l'éclectisme revêt une forme différente selon le genre. Il faut d'ailleurs reconnaître que le désenclavement de la culture légitime n'est pas neutre sur ce plan. De plus, en concurrençant la culture légitime et en brouillant les hiérarchies traditionnelles, les TIC laissent place à une pluralité d'expressions culturelles qui contribuent à interroger la sexuation des pratiques. Il s'agit ici de montrer qu'en favorisant l'émergence de nouvelles expressions et légitimités culturelles, les TIC impliquent une transformation du rapport genré aux pratiques culturelles traditionnelles et à l'éclectisme.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.
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