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Hélène Cléau
Les mutations récentes en cancérologie au niveau de la production des savoirs scientifiques avec l'Evidence Based Medicine (EBM) et au niveau de l'organisation des pratiques professionnelles en France avec les Réunions de Concertation Pluridisciplinaire ont introduit des changements dans la définition et dans la pratique de la profession médicale. De la proximité avec le patient dans la clinique traditionnelle, on passe à une « objectivité dans la distance » avec l'EBM (Dodier, 2007). L'EBM crée une standardisation des recommandations thérapeutiques. En l'absence de gold standard le patient peut choisir un traitement. Dans le cadre du traitement du cancer de la prostate localisé, le choix s'effectue entre la chirurgie, la radiothérapie externe et sous certaines conditions la curiethérapie ce qui met potentiellement en concurrence les urologues et les oncologues-radiothérapeutes.
Les organisations de santé subissent des reconfigurations qui posent la question de leurs frontières organisationnelles au regard de l’intégration de plus en plus prononcée d’acteurs de la société civile (les associations de patients, les citoyens auxquels est offerte la possibilité de consulter les rapports sur les hôpitaux, par exemple) et d’un État préconisant des principes de responsabilisation. Ceci interroge les nouvelles missions des organisations de santé prises entre une mission fondamentale de soin, mais également une mission économique au sens où les contraintes du système de santé poussent à leur gestion maîtrisée; s’ajoute une mission civique selon laquelle les organisations de santé exercent une responsabilité sociale.
Qu’il s’agisse de nouvelles démarches de gestion, de nouvelles formes de normalisation, de nouveaux standards, de nouveaux acteurs, de nouvelles maladies, ces transformations amènent les organisations à se renouveler, à se reconfigurer. Par reconfiguration ce colloque fait appel aux multiples figures que prennent les organisations face aux enjeux et défis associés aux services de soins et à la promotion de la santé. Si la notion de « configuration » nous enjoint à saisir les formes, les structures, les « patterns » associés à ces mutations, notons que le préfixe ‘re’ de « reconfiguration » nous en rappelle le mouvement continu – le caractère dynamique des transformations du système de santé – ainsi que son caractère itératif : s’agit-il de configurer afin d’assurer une certaine continuité, de concilier changement et permanence? Plus précisément, ce colloque interroge les reconfigurations organisationnelles et communicationnelles qui travaillent actuellement le domaine de la santé.
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