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Camila M. Carreiro : Université de Montréal
Cette étude articule des recherches menées en collaboration par trois universités dans le cadre d'un programme de coopération académique, sur le travail d'enseignantes à l'école.
L'approche théorique de ce travail de recherche collaboratif a intégrée la perspective sociohistorique de l'activité et la théorie des représentations sociales. En ce qui concerne la méthodologie, nous avons intégré l'analyse du discours corporel des enseignantes associé à l'analyse argumentative classique. Dans chacune des études, les sujets étaient des enseignants d'écoles élémentaires publiques. Étant donné que l'image était au cœur de nos intérêts de recherche, les enseignantes ont été filmées dans leurs milieux de travail lorsqu'elles livraient de la matière aux élèves. Par la suite, nous les avons montré et discuté les vidéos enregistrées. Dans ces séances d'« auto=confrontation », qui ont aussi été enregistrées sur support vidéo, les enseignantes ont réfléchi sur leurs pratiques.
Les résultats suggèrent un processus de ré-signification des représentations sociales du travail de l'enseignant. Ce processus a été renforcé par le contexte d'utilisation de l'« auto=confrontation » comme outil méthodologique, menant les enseignantes à considérer la perspective de changer d'une pédagogie traditionnelle, dont les représentations ont pour elles une valeur négative, à une novatrice, à explorer. La valeur de l'expérience ancienne étant fragilisée, le nouveau ressort comme incontournable.
Depuis sa première édition, le colloque international Discours, représentations et argumentation propose d’explorer la problématique entourant les rapports entre ces trois dimensions interreliées de la communication. Alors que cette problématique peut être étudiée sous des angles variés, les discours sont au cœur de toute communication. Que celle-ci soit axée sur un support linguistique ou sur d’autres formes (visuelles, sonores, tactiles, multimédias), la communication repose sur l’organisation des contenus cognitifs, affectifs et moraux des représentations. En matière d’argumentation, le logos a connu plusieurs usages tout au long de l’histoire, pouvant être interprété comme discours, mot, représentation, raison, logique, etc. Certaines interprétations s’ouvrent davantage vers les contenus de sorte que le débat philosophique et scientifique a, de plus en plus, traité de la représentation non seulement selon le point de vue des structures cognitives du logos, mais également des contenus affectifs – pathos – moraux – éthos – des communications.
Pour la deuxième édition du colloque, notre proposition mise sur la problématique contemporaine du dialogue et de la violence communiqués par des discours, par les rapports entre ses représentations et arguments. Nous aimerions confronter des approches différentes, voire opposées, et en discuter à la lumière de travaux de deux types de producteurs de savoirs dans le domaine thématique du colloque : celui de chercheurs établis et celui d’étudiants-chercheurs provenant d’universités francophones québécoises (UdM, UQÀM, ULaval et USherbrooke). Nous croyons que le débat autour des représentations sous-jacentes à ces diverses manifestations discursivo-argumentatives permettra de réfléchir sur les mécanismes cognitifs, affectifs et éthiques de la communication et, surtout, des conséquences sociopolitiques des contextes de dialogue et de violence.