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Mariève K. Desjardins : UQAM - Université du Québec à Montréal
Un nombre grandissant d'artistes s'approprient aujourd'hui les nouvelles technologies comme médium de création et recourent aux principes de l'interactivité pour proposer des modes de relations à l'œuvre novateurs. L'art interactif, qui exige des individus qu'ils s'engagent activement dans le déploiement de l'œuvre pour que celle-ci puisse prendre tout son sens, se caractérise en outre par le fait qu'il privilégie une expérience de l'œuvre plutôt que d'en proposer une finalité. Une tendance s'est de surcroît développée à l'effet que ces œuvres, souvent présentées hors des musées, soient implantées dans le mobilier urbain, devenant ainsi dispositifs de médiation entre le spectateur et la ville. Dans ce cadre, c'est-à-dire le lieu public urbain, quel sens prend la participation de spectateurs dans le déploiement d'œuvres qui, de prime abord, ont la particularité de procurer des expériences individuelles et subjectives, parfois même solitaires? Alors que diverses industries (touristique, culturelles, etc.) ont recours à ce type d'œuvres à des fins de dynamisation et de revitalisation de la ville, peut-on toujours le considérer comme de l'art s'adressant surtout aux initiés ou s'agit-il désormais d'une culture de masse, destinée aux flux de passants curieux? Cette communication vise à répondre à ces questions et à cerner ainsi le statut du récepteur des œuvres interactives présentées en contexte urbain.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.