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Jean-Pierre Essone Nkoghe : Individuel
La mobilité des populations à faible revenu dans les villes du Sud est marquée par une offre déficitaire des systèmes de transport, donnant lieu à des stratégies individuelles et collectives de mobilité. Dans le cas de là ville de Ouagadougou au Burkina Faso où plus de 60% de la population urbaine vit dans les quartiers périphériques, et doit accéder à la richesse urbaine, localisée dans les quartiers centraux. Les objectifs poursuivis dans cet article consistent à analyser ces stratégies qui ne sont pas exclusives, mais se complètent et sont : l'intermodalité ; le recours aux réseaux sociaux ; la recherche des emplois de proximité ou éloignés. Il s'agit de les mettre en lien avec l'autonomie des déplacements et les différents facteurs qui peuvent les fragiliser, il s'agit : des facteurs de motilité (accessibilité, compétences, appréhension des opportunités) et d'autres facteurs tels que les amplitudes domicile-travail, les situations imprévues, l'aspect genre et l'aspect institutionnel. Les résultats attendus consistent àdégager les disparités sociospatiales entre hommes/femmes et analyser l'articulation entre l'autonomie des déplacements et l'amélioration de la capacité de mobilité.
Longtemps considérée comme le simple résultat des effets de friction de l’espace sur l’accessibilité des territoires, la mobilité est aujourd’hui davantage considérée comme un élément contribuant à la constitution du capital territorial, soit l’ensemble des ressources au sein d’un territoire qu’un individu peut mobiliser pour améliorer ses conditions de vie et de bien-être. Cette forme de capital varie en fonction du territoire de référence, des ressources disponibles au sein de celui-ci et des compétences individuelles. Avoir la maîtrise de sa mobilité constitue ainsi une source de pouvoir et contribue au développement et au maintien des identités individuelles et collectives. Or, l’étalement urbain, rendu possible par l’évolution des technologies de transport et plus visible avec le phénomène de métropolisation, crée des espaces de vie complexes et étendus, où les déplacements sont nombreux, où les échanges en face à face de plus en plus difficiles et où peuvent émerger divers conflits.
De plus en plus, les recherches sur la mobilité vont au-delà du couple mobilité-déplacement pour s’intéresser davantage au lien entre la mobilité et la qualité de vie, mettant en relief les différences et l’évolution des compétences de mobilité individuelles ainsi que des perceptions et des significations des déplacements et des territoires. Le droit à la mobilité est-il devenu le nouveau droit à la ville? Les potentiels de mobilité risquent-ils de créer et d’accentuer des inégalités spatiales, voire d’engendrer de nouvelles situations d’exclusion s’ajoutant à celles déjà bien connues? En s’intéressant au couple mobilité-interaction, le colloque traite de la mobilité à la fois comme source d’inclusion et d’exclusion et surtout comme génératrice et tributaire de pratiques spatiales émergentes. Il aborde la mobilité (et l’immobilité) en s’intéressant davantage aux échanges, aux possibilités d’interactions qu’elle permet… ou pas.
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