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Alain Létourneau : Université de Sherbrooke
Il s'agira ici de faire le lien entre la discussion menée depuis plusieurs années sur la construction de capacité dans le développement de politiques environnementales (capacity building) et la question de l'adaptation au changement climatique. Nous trouvons dans cette littérature des ressources pour réfléchir aux conditions sociales, économiques et culturelles qui sont favorables spécifiquement à la construction de politiques publiques environnementales. Peut-elle être reprise ou utile dans la discussion sur l'adaptation aux changements climatiques? Nous utiliserons en particulier le corpus d'analyses développé dans deux ouvrages parus aux éditions Springer (édités par Jänicke, Weidner et autres), qui présentent à la fois un cadre d'analyse repris par les participants et des études de cas dans ce chantier de la construction de capacité. Ce courant répondrait au vœu reconnu par plusieurs de renforcer la capacité institutionnelle si nous voulons obtenir une meilleure capacité d'adaptation aux changements prévisibles (Dickinson et Burton, 2011, p. 105). Toutefois, la distinction entre capacité et fonctionnement, développée dans un autre courant de pensée qui se réfère de son côté à la question des capabilités, pourrait servir d'instance critique pour faire avancer la discussion sur les ressources institutionnelles en adaptation au changement climatique en nous renvoyant aux acteurs singuliers qui sont mis en jeu dans ces processus.
Avec la montée des préoccupations liées aux impacts du changement climatique (CC), la question de la vulnérabilité et de l’adaptation des sociétés s’est particulièrement affirmée ces dernières années. L’adaptation qui a fait l’objet d’un volume spécifique dans le dernier rapport IPCC 2007, interroge la capacité réflexive des sociétés à infléchir leur trajectoire pour affronter des conditions environnementales dont certaines sont présentées comme inéluctables (montée des eaux et vulnérabilité des littoraux, événements extrêmes, variation de la disponibilité des ressources en eau…).
La définition de l’adaptation renvoie cependant à des réalités différentes, qu’il s’agisse d’une adaptation proactive, spontanée ou planifiée (IPCC 2001) et selon qu’elle concerne des politiques publiques, des comportements individuels, des processus technologiques, des référents culturels ou encore les fondements des systèmes économiques. L'adaptation conduit à une redéfinition des modes de pensée qui sont à la base de nos conceptions des rôles de l'État, du marché, des collectivités locales, de l'individu, de l'entreprise privée, etc.
Ce colloque a pour but de regrouper dans le cadre d'un échange pluridisciplinaire des spécialistes qui s'intéressent à la question de l'adaptation. Ce champ scientifique en plein essor depuis une dizaine d'années, suscite de nombreux débats (notamment sur la critique du statut du concept d’adaptation) et tant les efforts de théorisation, que la confrontation de recherches empiriques sont une nécessité pour baliser le champ et pour penser le rapport de la connaissance à l’action.
Thème du colloque :