pen icon Colloque
quote

Tragédie et révolution chez Arendt et Jaspers

SC

Membre a labase

Sophie Cloutier : Université Saint-Paul

Résumé de la communication

À l'heure du Printemps arabe et du mouvement des indignés, il est intéressant de relire l'Essai sur la révolution de Hannah Arendt en s'attardant sur le lien entre la révolution et la tragédie. Elle qualifiait la révolution d'événement tragique, mais qui ne devait pas nous laisser sans espoir pour autant – un espoir certes tragique. Elle remarquait que les révolutions étaient trop souvent défaites, mais qu'il ne fallait pas s'arrêter à cette défaite historique pour apprécier l'ampleur de ces événements. Le mot de Caton, qu'Arendt prévoyait citer au début de son Juger, « La cause victorieuse plaît aux dieux, mais la cause vaincue plaît à Caton », ouvre une piste de réflexion sur la manière de juger la révolution. La difficulté c'est qu'Arendt n'a jamais fait de traitement systématique de la tragédie, seulement quelques références éparses et énigmatiques dans son œuvre. C'est pourquoi la lecture croisée avec Tragedy is not enough de Karl Jaspers nous permettra de mieux comprendre pourquoi la cause vaincue des révolutions devrait nous plaire et quel est cet espoir tragique qui se dégage des révolutions. Il apparaîtra que, tout comme le spectacle des tragédies, le spectacle de la révolution procure une catharsis qui a un effet purificateur sur la faculté de juger. La révolution met en scène ce « savoir tragique » que Jaspers associait à la tragédie.

Résumé du colloque

Le congrès de la SPQ vise à rassembler les chercheurs en philosophie autour d’un thème rassembleur qui sera pour 2012 : « La philosophie interlocutrice des sciences et des arts ». Le congrès vise à interroger et analyser les différents rapports qu’entretient la philosophie avec les arts d’un côté et les sciences de l’autre côté. Ces rapports sont multiples et ouvrent plusieurs avenues théoriques. Analyse du discours philosophique comme esthétique ou scientifique, importance ou nécessité du discours philosophique pour définir ce qu’est la science ou l’art, et importance ou nécessité de l’art et de la science pour produire un discours philosophique. Ces questions ont occupé les philosophes depuis ses origines, et les réponses offertes ont évolué de façons extrêmement intéressantes et pertinentes pour la compréhension de la philosophie, de ses objets d’analyse et de sa méthodologie à travers l’histoire et encore aujourd’hui.

Les chercheurs invités seront donc appelés à aborder le thème proposé de différentes façons. Le caractère équivoque du thème est nécessaire afin de mettre de l’avant un évènement rassembleur pour des chercheurs ayant des domaines de spécialisation divers en philosophie de l’histoire, en éthique, en philosophie des sciences et en philosophie de l’esprit, en philosophie esthétique et en philosophie de la littérature, etc. Quelques exemples de thèmes pouvant être abordés par les congressistes : L’influence et la place centrale qu’occupent les sciences cognitives et les sciences sociales dans les discours en philosophie de l’esprit, en éthique et en philosophie sociale et politique. La pertinence de soumettre la science ou l’art à des normes et à des critères éthiques. L’analyse philosophique comme discours scientifique ou comme discours esthétique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 8 mai 2012

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :