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Pascale Dufour : Université de Montréal
Plusieurs travaux ont montré que dans la plupart des pays européens, nord-américains et latino-américains, les groupes de femmes ont été très impliqués dans la lutte contre la mondialisation, et ce, dès la fin des années 1990es. Cependant, cette implication n'a pas été suivi des mêmes effets partout. À partir d'une analyse réalisée entre 2001 et 2008 en France et au Québec auprès des principaux groupes impliqués dans l'espace de protestation mondiale, incluant les groupes de femmes, nous montrons comment les positions relatives des féministes dans l'espace nationale de protestation mondiale colorent directement le contenu et la forme de cette espace. Les deux cas présentés sont fortement contrastés dans la mesure où au Québec, les réseaux féministes ont été à l'avant-plan des luttes altermondialistes alors qu'en France, ces réseaux ont joué un rôle beaucoup plus marginal. Nous verrons comment, dans les deux cas, les effets sur l'espace nationale de protestation diffèrent et comment, en retour, le degré différent de centralité dans les luttes altermondialistes a (ou non) modifié les trajectoires des principaux réseaux féministes.
Les mouvements sociaux ont été et demeurent à l’avant-garde du progrès social. On ne compte plus les manifestations organisées contre les inégalités, les injustices et l’absence de démocratie. Ces manifestations donnent lieu à des mouvements parfois puissants et durables. Plusieurs d’entre eux remettent en cause des rapports de domination, que l’on pense au mouvement des femmes, à la mobilisation LGBT, aux actions antiracistes. D’autres s’articulent à des luttes sociales comme le mouvement ouvrier et syndical, les mouvements étudiants, l’altermondialisation. Actives dans tous ces mouvements, des féministes tentent d’articuler et de décliner toutes les formes d’émancipation.
Il nous semble intéressant de repérer certaines convergences mais aussi les dissonances entre les féminismes et les autres luttes et mouvements sociaux. Le féminisme a-t-il laissé ses marques dans les autres formes de résistances? Le rapport entre le personnel et le politique constitue-t-il un point de convergence avec les luttes des femmes, permettant, par exemple, une personnalisation de l’implication ou une identification avec la cause? Qu’en est-il de la non-différenciation entre la fin et les moyens? De la critique de l’autorité et du pouvoir?
On a historiquement reproché aux groupes de gauche de reproduire la hiérarchie des sexes et des genres et de négliger les préoccupations féministes. Certaines études laissent à penser que cette hiérarchie des luttes existe aussi dans des luttes actuelles (altermondialiste, étudiante) ou du moins elles montrent la difficile prise en charge des analyses féministes par des mouvements et luttes mixtes. À l’occasion de ce colloque, nous aimerions mettre en lumière des éléments d’intégration et de non-intégration.
Thème du colloque :