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Denise Bernuzzi De Sant'anna : Université pontificale catholique de São Paulo
L'obésité est devenu un problème mondial de santé publique dont l'histoire commence progressivement à se faire. Depuis une vingtaine d'années, plusieurs thèses et colloques sur le sujet sont parus dans les domaines des sciences humaines. Ils montrent combien les manières de concevoir et de représenter l'obésité sont riches en informations sur les peurs et les exigences qui accablent les gros et les maigres dans la société contemporaine. Dans ce vaste terrain d'étude, nous proposons d'analyser l'histoire de l'obésité au Brésil, ses représentations historiques du début du siècle dernier à nos jours. Dans ce parcours, on voit la création de la figure de l'obèse malade en contraposition au gros risible, mais aussi la résistance brésilienne à suivre les modèles de minceur diffusés par les médias. On voit, également, l'augmentation rapide de l'obésité morbide parmi les couches populaires et son arrivée aux hôpitaux, lesquels n'avaient pas de structure pour accueillir les corps trop lourds et corpulents. On voit finalement l'émergence de nouvelles questions de santé et de normalité corporelle, mêlées à la permanence d'anciens goûts, ce qui nourrit le succès actuel du corps musclé, des implants chirurgicaux et du culte de la « femme bodybuildée » dans toutes les couches sociales.
Les recherches historiques concernant la santé et la maladie ont considérablement évolué depuis quelques décennies. À la suite de travaux de référence des années 1980-1990, les historiens ont exhumé de nombreux objets de recherche jusque-là inexploités. Si bien qu’aujourd’hui on constate une pluralité de thèmes organisant l’histoire des pratiques de santé autour de l’hygiène, des addictions, de la vie saine et malsaine, des maux du corps, des pratiques profanes ou des différents troubles de santé. La diversité des préoccupations et des objets touchant à la santé et à la médecine a engendré le développement d’une recherche historique aussi dynamique que multiple qu’il convient de circonscrire pour mieux l’analyser.
La transformation et la diversification des préoccupations et objets de recherches a fait évolué la discipline historique par la mobilisation de nouveaux corpus et méthodes. L’objet de ce colloque sera de présenter et de confronter les différents matériaux et méthodologies en jeu, afin de cerner, par leur analyse croisée, l’impact de l’histoire des pratiques de santé sur la science historienne, son développement social et ses modifications épistémologiques.
Pour ce faire, ce colloque sollicitera les nouveaux travaux qui émergent dans ce domaine et qui mettent à jour de nouvelles thématiques, des cadres et approches inédits. Il visera ainsi à ressembler et à confronter les savoir-faire historiens qui se déploient aujourd’hui dans le monde francophone et dont l’échange ne peut qu’enrichir un domaine de recherche en pleine expansion.
Nous engagerons cette réflexion à partir de deux séances plénières, la première consacrée à l’histoire des pratiques de santé en France et présentée par Didier Nourrisson et la seconde consacrée à l’histoire des pratiques de santé au Québec et présentée par François Guérard.