pen icon Colloque
quote

Vivre et composer avec le syndrome d'Asperger : le dire et l'écrire

AO

Membre a labase

Antoine Ouellette : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

« À quarante-sept ans, en ce beau 6 novembre 2007, je viens d'apprendre que je suis fou ». Ce sont les premiers mots de mon essai-témoignage Musique autiste, publié récemment aux Éditions Triptyque. Ce diagnostic a été pour moi un grand soulagement. Il aurait pourtant dû être un choc terrible! Car le discours sur l'autisme est surtout alarmant et dramatique : l'autisme est une « grave maladie », une « douloureuse psychose », une « plaie », un « défaut dévastateur » dont il faut guérir rapidement et à tout prix la personne. C'est cette dissonance entre un discours et la vie réelle qui m'a incité à écrire, pour informer, sensibiliser, défaire des préjugés, contribuer à faire tomber de la discrimination. Pour témoigner, aussi, de ma propre expérience et traduire concrètement ce que veux dire vivre en autiste dans le quotidien. À travers ma vie de musicien, je montre comment un autiste peut utiliser les ressources de l'esprit autistique pour s'exprimer dans la création artistique. Parce qu'il y a une perle dans l'huître : les personnes autistes, elles aussi, apportent beaucoup à la communauté humaine, non pas malgré leur handicap, mais bien grâce aux ressources d'une disposition d'esprit particulière. Mon texte propose ainsi la visite guidée d'une autre manière d'être humain.

Résumé du colloque

Dans Lire le délire, Juan Rigoli montre comment l’écriture et la folie ont très tôt été associées l’une à l’autre. D’une « lecture » des signes de la folie dans les comportements, les gestes et le langage de leurs patients, les aliénistes du 19e siècle en viennent rapidement à s’intéresser à leurs écrits, considérés comme de véritables outils diagnostiques. Dans ce passage du corps au texte, de la personne à son expression dans et par l’écrit, se dessine un lien ténu entre la psychiatrie naissante et la littérature, mais aussi entre le fou et l’écrivain : ce rapport alimentera tout autant (mais différemment) les romantiques que les surréalistes, trouvera écho dans les théories freudiennes et consécration dans l’Art brut de Dubuffet. Est ainsi interrogée la limite entre raison et déraison, de même que les (més)usages du langage – du témoignage au ludisme langagier et à la re-création verbale. Au-delà de la folie (entendue comme maladie mentale), il existe de nombreux textes littéraires qui présentent également un rapport singulier à la norme et au langage; leurs auteurs ne sont pas fous, mais une certaine « folie », une excentricité marque leurs écrits, que l’on peut qualifier d’« irréguliers ». Ce colloque se penche d’abord sur la relation entre folie et écriture, mais il se propose aussi d’explorer sous divers angles le rapport de l’expérience des marges à la littérature. La problématique s’élargit donc pour s’étendre des écritures subversives (surtout des fous) à ces écrits irréguliers. Bien que son orientation soit littéraire, le colloque interpelle d’autres disciplines (sémiotique, psychiatrie, histoire, sociologie); de même, le terme « écritures » pourra être entendu dans son sens le plus large.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Annie Monette
section icon Date : 8 mai 2012

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :