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Moniques Richard : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans nos sociétés actuelles, l'influence des médias est prégnante dans la construction identitaire des jeunes, captifs de nombreux écrans dès leur plus jeune âge. Toutefois, certaines de leurs pratiques témoignent d'une créativité qui permet d'explorer diverses identités en alliant jeu vidéo, invention graphique, fabrication de costumes etc. Mais elles font peu l'objet d'interprétation critique, les jeunes se contentant généralement de consommer ou de produire. L'accès aux diverses cultures qui circulent à travers les médias n'est pas sans entrainer une surcharge informationnelle qui nécessite un seuil d'entrée, un filtrage des contenus, un repérage des territoires et des codes pour pouvoir circuler, s'identifier et se situer.À l'école, les programmes d'art intègrent les médias, mais l'accent mis sur la communication d'un message ne correspond pas à la conception de l'art comme domaine de création. En art actuel, le détournement des fonctions utilitaires des technologies numériques est privilégié par les artistes quijouent un rôle actif dans le développement des nouveaux médiaset recyclent valeurs et pratiques des cultures savante ou de consommation.À partir de théories sur l'enfance en tant que pratiques sociales, l'identité permutable, l'hybridité en art et la transposition pédagogique, nous examinerons des pratiques de créationinformelles d'enfants et d'adolescents, ainsi que des projets scolaires en lien avec des pratiques artistiques actuelles.
Le 20e siècle, siècle de la psychologie de l’enfant, s’est achevé et se perpétue sur un bien étrange paradoxe qui ne cesse de se renforcer : cette enfance que nous croyions bien connaître bouscule les cadres dans lesquels nous l’avions pensée et étudiée. Se trouve aujourd’hui ébranlée la frontière majeure qui permettait de cerner et définir l’enfance : la frontière qui marquait la distance et la différence entre l’enfant et l’adulte. La reconnaissance de l’enfance comme identité et différence constitue en effet l’un des principaux problèmes que doivent affronter les sociétés démocratiques contemporaines. Les travaux de M. Gauchet et d’A. Renaut, notamment, ont montré comment ces problèmes s’expriment dans les mutations qui affectent la définition de l’enfance, la relation éducative, les fondements de l’autorité, les manières dont le monde de l’enfance est pensé et valorisé, les comportements et les attentes de la société et des adultes à son égard.
Les dispositifs d'éducation artistique, comme en témoigne la place croissante qui leur est faite en France comme au Québec, sont des lieux du plus haut intérêt pour étudier ces mutations : ils donnent ainsi à voir à gros traits des processus moins lisibles ailleurs. À plusieurs égards, ils peuvent être considérés comme des sortes de « laboratoires » au sein desquels s'essaient de nouvelles relations de nos sociétés à son enfance, et se forgent de nouveaux savoirs et de nouvelles représentations à son sujet (Kerlan, 2008 ; Lemonchois, 2010 ; Loeffel, 2011). L’engagement des artistes dans le champ éducatif – au sens large –, le recours croissant à l’éducation artistique, peuvent être considérés comme des dimensions révélatrices de la problématique de l’enfance dans nos sociétés. Ce colloque réunira des chercheurs et des artistes dont les travaux et les œuvres aident à rendre compte de ce que la rencontre de l’art et de l’enfance nous apprend des enfances contemporaines et des recompositions qui l’affectent.
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