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Yann Roche : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les inondations catastrophiques qui ont touché la capitale thaïlandaise durant l'automne 2011 sont loin d'être une surprise. La ville est en effet depuis longtemps sujette à un étalement urbain important, à des problèmes de pollution, d'engorgement dans les transports, et elle a de surcroît tendance à s'enfoncer car elle est bâtie sur une zone marécageuse et du fait de l'extraction de ses eaux souterraines pour les besoins croissants de ses 12 millions d'habitants. La sonnette d'alarme avait donc déjà été tirée en 2007 par l'OCDE, puis plus récemment par la Banque Mondiale selon laquelle le risque d'inondation sera multiplié par quatre d'ici 2050. Le désastre qui a frappé Bangkok était donc attendu, mais il est certain qu'il va se reproduire, les seules questions étant de savoir quand et quelle sera l'ampleur des prochains évènements.
Que faire alors? La métropole thaïlandaise est elle irrémédiablement condamnée? Quelles sont les mesures envisageables et quelles celles qui sont en cours d'élaboration?
La présente communication se propose donc de dresser le tableau des inondations de 2011 à Bangkok, de cerner les facteurs qui ont mené à une telle catastrophe et qui rendent la ville particulièrement vulnérable. Pour finir, les mesures de protection et de mitigation entreprises par les autorités thaïlandaises seront évoquées, ainsi qu'une vision prospective de ce que pourrait bien être l'avenir de Bangkok.
Les gestionnaires des risques naturels le savent depuis longtemps : le risque zéro n’existe pas. Nous vivons dans une société où le risque est omniprésent. Néanmoins, ce constat ne peut être considéré sous l’angle de la fatalité mais plutôt comme une opportunité pour une meilleure gestion des risques naturels.
S’il y a un avantage à tirer des sinistres qui affectent nos sociétés, c’est certainement à propos des mesures à prendre pour mieux prévenir le risque et, aussi, au regard de la gestion de la crise si celle-ci devait se reproduire. Au Québec, la première loi sur la protection civile date de 1951 et consistait en la mise en place de « plans d’évacuation et de réintégration de la population des villes dévastées par une guerre atomique, biologique, chimique ou nucléaire ». En 1964, la loi a été modifiée pour tenir compte aussi des sinistres en temps de paix, dont les risques naturels. La crise du verglas de 1998 a été l’occasion pour mettre en place la loi sur la sécurité civile en 2001.
Les catastrophes servent alors de point de départ à une amélioration de la réglementation en matière de gestion des risques naturels. Elles apportent de nouveaux enseignements sur l’intensité de l’aléa en amont, voire son occurrence et, dans certains cas, identifient de nouvelles zones à risque. Ce cadre réglementaire qui régit la sécurité des individus et de leurs biens est donc appelé à être constamment mis à jour. Comment évaluer la politique québécoise de sécurité civile dix ans après sa promulgation?
Ces aspects sont d’autant plus importants que les risques ont un coût considérable que nous ne sommes pas encore en mesure d’évaluer. Il est néanmoins essentiel de considérer différentes alternatives pour atténuer au maximum ces coûts par des politiques de prévention appropriées.
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