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Carole Fleuret
La nécessité de prendre en compte la langue d'origine (LO) dans l'appropriation de la langue seconde (L2) est clairement reconnue chez les chercheurs (Auger, 2008; Hornberger, 2003). Par exemple, Cummins, Chow et Schecter (2006) soulignent la forte réciprocité entre l'engagement cognitif et l'investissement identitaire des élèves. D'autres (Dagenais, Armand, Walsh, et Maraillet, 2007) mentionnent l'apport de la LO dans le développement des capacités métalinguistiques et métacognitives. Parallèlement, pour favoriser des contextes d'apprentissage signifiants, Tauveron (2002) propose d'utiliser la littérature de jeunesse pour fixer les normes socio-culturelles attendues dans le milieu scolaire. Dans le cadre d'une étude menée auprès de huit apprenants en langue seconde, cette communication rend compte, à partir des verbalisations émises par les sujets, comment, s'ils sont autorisés à le faire, ils prennent appui sur les connaissances en LO pour appréhender la langue seconde. Pour collecter les données, nous nous sommes appuyés sur la pratique des orthographes approchées, qui sont des écrits reflétant les hypothèses que l'enfant détient sur la langue, et sur la littérature de jeunesse. Les résultats montrent que la langue d'origine à une place centrale dans l'appropriation du français écrit, notamment en termes de capacités métalinguistiques et de métacognition.
Depuis plusieurs années, le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport s'est fixé pour objectif la réussite de tous les élèves (MELS, 2000). L'apprentissage de la langue écrite constitue un enjeu majeur de la réussite académique, sociale et personnelle. Même si l'acquisition de l'orthographe ne représente qu'une partie du processus d'écriture, elle joue non seulement un rôle de premier plan dans la compréhension du français écrit, mais elle représente aussi un facteur de sanction dans l'évaluation de la compétence à l'écrit des élèves. Malgré les nombreux efforts déployés par les différents intervenants scolaires, certains élèves éprouvent des difficultés orthographiques. Ces difficultés peuvent être persistantes ou temporaires. Dans le cas d'élèves atteints d'un trouble spécifique nuisant au développement normal des apprentissages à l'écrit, les élèves dyslexiques, dysorthographiques, sourds ou dysphasiques, par exemple, les difficultés en orthographe sont persistantes (Bourrassa et Treiman, 2003 ; Hoefflin et Franck, 2005 ; Plisson, Berthiaume et Daigle, 2010). Dans le cas d'élèves apprenant le français comme langue seconde, les difficultés en orthographe peuvent être temporaires et seraient liées à la compétence globale des élèves dans la langue cible (Fleuret et Montésinos-Gelet, 2011 ; Koda, 2005). La prise en compte des particularités associées aux populations exceptionnelles est une condition essentielle à la mise en place de pratiques didactiques efficientes et est susceptible de contribuer aux solutions à instaurer pour venir en aide à ces élèves. Ce colloque offrira une plate-forme de diffusion et d'échanges pour les chercheurs, les intervenants et les étudiants qui s'intéressent de près aux difficultés orthographiques d'élèves apprenant le français. Le programme proposé permettra d'obtenir des données scientifiques actuelles, de proposer des pistes d'intervention adaptées aux différentes populations et de définir les besoins en recherche.
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