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Catherine Maurer : Université de Strasbourg
En
Europe comme au Québec, l'intérêt de l'historiographie pour les institutions
dites du Bon Pasteur est encore très récent. A partir d'exemples choisis dans
plusieurs villes de France et d'Allemagne, il s'agira d'examiner les
caractéristiques d'un éventuel « modèle » bon-pastorien, de la
création des premiers établissements aux mutations de l'après Seconde Guerre
mondiale. On s'intéressera ainsi aux méthodes éducatives et aux modalités d'encadrement
des filles mises en pratique dans ces lieux clos de dimension souvent
imposante. On s'interrogera aussi sur le type de vie en société qu'ils
proposent et sur les modes de régulation interne qu'ils font intervenir. Enfin,
on observera à quelles populations ils s'adressent et par quels acteurs ces
populations sont prises en charge. Toutes ces réflexions seront menées dans une
perspective diachronique et comparative. Dans l'espace d'un siècle est-il en
effet possible de déceler une évolution des données analysées, en particulier
des méthodes éducatives et d'encadrement ? Peut-on mettre en évidence, à
partir de ce cas d'espèces, le passage d'une institution
« totalitaire » à l'institutionnalisation du care, du « soin mutuel » ? Et les évolutions se présentent-elles
de la même manière dans les différents établissements et les pays ou bien
existe-t-il des spécificités locales ou nationales ? Sans que l'ambition
de synthèse ne soit sacrifiée, une attention particulière sera accordée à
l'établissement de Strasbourg, encore très mal connu
L’historicité des modes d’appréhension et de gestion des problèmes sociaux aux 19e et 20e siècles, au cœur des intérêts de recherche du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), a surtout été explorée, depuis plus d’une décennie, sous l’angle des institutions à caractère coercitif. Principalement ancrées sur le territoire montréalais, les recherches historiques développées au sein du CHRS ont par la suite porté sur de nouvelles questions dépassant largement le cadre des institutions d’enfermement de types pénal.
Dans cette perspective, la réponse collective aux défis majeurs posés par les inégalités sociales, génératrices de pauvreté, de maladie, de déviance, a permis à notre équipe d’investir sous de nouveaux angles le vaste champ de la prise en charge d’autrui.
Cette approche plus large des institutions permet alors de s’intéresser à une pluralité de modèles d’organisation sociale tant publics que privés. Elle pousse aussi à s’interroger sur la coexistence possible de plusieurs concepts associés à la question de la prise en charge. Comment en effet concilier le recours à la punition, à la sanction voire au rejet tout en prônant la charité, le service, la solidarité, l’amitié, la responsabilité, la bienveillance ?
Les expériences et les parcours des individus et des groupes définis comme « à risque » et aux prises avec différents modèles de prise en charge au cours des 19e et 20e siècles permettent de poser un regard nouveau sur le « poids » des institutions et sur les réactions possibles des plus vulnérables face au modèle qui leur était imposé.
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