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Annick Monseigne : Université de Bordeaux
Cette proposition vise la dimension actionnelle du discours participatif. La participation en tant que solution à la crise du politique et sa fonction de reliance à visée fonctionnaliste est source de stratégies discursives (élus-communicants) où le citoyen visé par l'unilatéralité du discours est un citoyen à la fois actant et acteur. C'est au sein d'une actance sociale repérée dans un travail de thèse que nous proposons d'interroger l'engagement relié aussi bien aux actes performatifs qu'aux stimuli émotionnels. La communication discursive envisagée ici comme un théâtre rediscute cette notion en partant d'un présupposé accord tacite passé entre deux personnages goffmaniens, le « jobard » qui accepte de « faire comme si …» et le combinard « de maintenir l'illusion que … ». Dans une approche de sémiotique de réception du discours participatif des élus à destination des citoyens, nous proposons d'articuler quatre formes d'engagement, les unes liées à une approche pragmatique, les autres à une approche psychologique.
La communication des organisations, telle que développée à partir des théories des actes de langage ou de la pragmatique, est une production langagière voire discursive (Taylor et Van Every, 2000 ; Gramaccia, 2001) qui est rendue possible par l’engagement de ses interlocuteurs (Searle, 1972 ; Winograd, 1988).
Cet engagement est une des conditions de l’interaction et de la réalisation des effets perlocutoires qui permet à un acteur ou locuteur d’amener un interlocuteur à agir. Nous retrouvons cette notion dans ce que Mead (1934) appelle l’action conjointe. Pour lui, l’homme est un acteur capable de transformer sa relation au monde. Il y a deux formes d’interaction sociale : l’interaction non symbolique et symbolique. Dans l’action conjointe, l’interaction symbolique prévaut car les différents acteurs de l’interaction interprètent les gestes et actes de l’autre de façon symbolique. Elle implique l'interprétation des actions de l'autre et les indications sur la façon dont l’autre personne doit agir (Mead, 1934). Nous parlons donc d’action conjointe, ou d’engagement de la part de chacun des interlocuteurs pour comprendre et interpréter les actes d’autrui. L’action conjointe est une forme collective de l’action, où les participants adaptent leurs propres actes à ceux en cours et guident ainsi l’autre dans sa manière de (ré)agir (Mead,1934).
Ainsi, l’action peut être une adaptation à la nature de la relation entre acteurs. Mais la théorie des actes de langage ne nous informe pas sur la façon dont se développe et se maintient la relation. Cela nous semble pourtant essentiel pour comprendre la formation de l’effet perlocutoire. Car si la force illocutoire et la performativité sont des concepts qui ont été largement repris, les modalités de l’engagement qui en permettent la portée heuristique méritent encore d’être développées.
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