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Du cosmopolitisme religieux à l'individualisme moral. Durkheim

JL

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Jan-Marc Larouche

Résumé de la communication

Dans la conclusion des Formes élémentaires de la vie religieuse, Durkheim écrit, après avoir rappelé comment l'universalisme religieux s'est développé au sein même du totémisme dans les sociétés australiennes : «[o]r il n'y a rien dans cette situation qui soit spécial aux sociétés australiennes. Il n'est pas de peuple, pas d'État qui ne soit engagé dans une autre société, plus ou moins illimitée, qui comprend tous les peuples, tous les États avec lesquels le premier est directement ou indirectement en rapports : il n'y a pas de vie nationale qui ne soit dominée par une vie collective de nature internationale. À mesure qu'on avance dans l'histoire, ces groupements internationaux prennent plus d'importance et d'étendue» (Durkheim, 2008 [1912] : 609). Pour Durkheim, la genèse même de cette tendance universaliste des sociétés modernes est évoquée par l'internationalisation des grands dieux dans les sociétés australiennes, par un «cosmopolitisme religieux» rassembleur et générateur d'unité, d'un tout solidaire. Au tournant du 19e au 20e siècle, ce sentiment d'unité sous-jacent à la tendance universaliste évoquée plus haut s'exprime sous la forme du culte de la personne, de l'individualisme moral qui, un siècle plus tard, revêt les habits des «droits de l'homme». Le centenaire des FEVR est ainsi l'occasion de dégager toute l'actualité des réflexions durkheimiennes sur l'individualisation et l'internationalisation du religieux dans les débats contemporains sur le cosmopolitisme.

Résumé du colloque

Les formes élémentaires de la vie religieuse (FEVR) est l'ouvrage d'Émile Durkheim le plus commenté au cours des dernières années. À l’occasion du centenaire de sa publication (1912), ce colloque porte sur les cent ans de réception et d'usages des FEVR et se concentre sur le double objet abordé par Durkheim dans ce travail : « la sociologie religieuse et la théorie de la connaissance ». Pour la science des religions, la théorie durkheimienne de la religion n’a cessé d’être débattue. Si la question du totémisme n'occupe plus la place de choix qui lui était dévolue au tournant du 20e siècle et si le matériel ethnographique sur lequel se fonde Durkheim n'est plus celui privilégié par les chercheurs, il n'en reste pas moins que la genèse et la fonction sociales attribuées à la religion par Durkheim restent aujourd'hui encore d’une grande actualité. Sur le plan de la théorie de la connaissance, les arguments durkheimiens inscrivant les catégories de l'entendement et les représentations collectives dans une étude tenant autant compte de la morphologie sociale que de la physiologie sociale sont toujours pertinents et restent au centre des débats qui persistent sous plusieurs formes : naturalisme/constructivisme, réalisme/nominalisme ... Mais, tout comme le soulignait Durkheim il y a cent ans, les préoccupations suscitées par ce double objet débordent leurs domaines spécifiques au profit d’une seule qui les englobe : une théorie de la société. C’est sans doute en cela que les FEVR sont un « centenaire qui vieillit bien »!

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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