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Anne Lardeux
Notre époque contemporaine est marquée par l'emprise généralisée d'un capitalisme financier qui place la dette au coeur de toute production de biens et de services, asservissant ainsi les économies – quelle qu'en soit l'échelle (domestique; privée; publique; nationale et même fédérale) – à son principe exponantiel. Cette « économie de la dette» (comme l'appelle Lazzarato) entraîne une reconfiguration des rapports de pouvoir, notamment ceux qui prévalent à la disposition de l'ordre social du travail. Nous proposons ici, à partir d'entrevues conduites à Montréal auprès de « travailleurs pauvres », d'analyser les réalités que cette figure recouvre sous l'angle d'opérations de possession et de dépossession, de principes d'assujettissement et de résistance qui contraignent ou qu'élaborent ces travailleurs face aux injonctions d'un monde consumériste qui donne le pouvoir d'achat comme seul vecteur de richesse.
Les travailleurs et travailleuses pauvres sont en déficit par rapport à la capacité de sortir de la pauvreté par les activités d’un travail rémunéré. Le colloque propose d’aborder cette thématique à la lumière du croisement de savoirs, à l'intersection de plusieurs disciplines, perspectives, méthodologies, champs d’interventions et schèmes de pratiques. Ce colloque porte, d’une part, sur les processus de précarisation de l’emploi, sur les initiatives de politiques publiques ainsi que sur le rôle des « grands partenaires sociaux » et des acteurs de la mobilisation sociale, et d’autre part, sur les impacts de la pauvreté en emploi sur les travailleurs et travailleuses, les familles et la société. La présentation des trajectoires sera mise en dialogue avec l’analyse des stratégies individuelles de survie quotidienne, notamment, l’accès à la consommation, les questions de l’alimentation ou celles de la distribution du revenu familial au sein du ménage.
Titre du colloque :