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Isabel Orellana : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'expansion actuelle des mégaprojets d'extraction des richesses naturelles impose des scénarios à haut risque pour la qualité de vie, face auxquels un vaste processus collectif de dynamisation sociale et de résistance s'articule. Bien que le discours officiel présente ces développements industriels comme un apport au développement, la réalité révèle une image de dévastation environnementale et sociale souvent irréversible. Face à cela, les communautés affectées et leurs alliés se structurent et s'engagent dans des réseaux d'action collective au cœur desquels la protection de l'environnement, de la qualité de vie et de leurs droits devient un pilier central. La mobilisation sociale vise la défense des territoires et de l'intégrité des communautés. La population est interpellée à porter un nouveau regard sur la réalité et sur les liens entre développement économique, problématiques sociales et problématiques environnementales. Il s'y tisse un processus dynamique, riche et complexe qui favorise une responsabilité partagée, sociale et écologique, donnant lieu à une citoyenneté qui considère et intègre ces deux dimensions. Ce processus, associé à une trame de solidarités mutuelles et de multiples relations, apparaît comme un creuset dans lequel se développe une réalité vitale alternative et un modèle d'apprentissage créateur et critique, qui favorise l'émergence de nouvelles valeurs, attitudes et conduites. Un processus d'écocitoyenneté est ainsi généré.
??L’environnement est au cœur de débats sociaux sur des questions émergeantes, en particulier autour de projets de « développement » qui soulèvent des mouvements de résistance. Il s’agit alors de « questions socialement vives » qui interpellent le monde de l’éducation. Pensons aux problématiques associées au gaz de schiste, aux changements climatiques, à la déforestation, aux OGM, etc. Comment l’éducation peut-elle se saisir de telles situations conflictuelles pour questionner la dimension écologique de notre identité et pour explorer les dynamiques d'engagement individuel et collectif?
L’environnement est la trame essentielle de nos vies : air, eau, aliments, etc. Ce que nous sommes est relié aux caractéristiques des environnements dans lesquels nos vies se déploient. En retour, nous transformons nos environnements en fonction de notre identité, de notre vision du monde et de nos engagements. Notre rapport à l'environnement est directement lié à notre façon de nous engager dans le monde, individuellement et collectivement, dans les différentes sphères des nos vies quotidiennes comme à travers l'action de nature politique.
Ce colloque aborde les questions d’identité et d’engagement par le prisme de l’éducation relative à l’environnement (ERE) dont l’une des visées est le développement d’une écocitoyenneté et la contribution à l'avènement d'une « démocratie écologique » où les débats deviennent source d'apprentissage collectif.
Les communications traiteront de situations éducatives ou apporteront des analyses et réflexions tant en ce qui concerne les milieux d'éducation formelle (aux différents ordres d'enseignement) que les milieux non formels (ONG, parcs, musées, etc.) et les contextes informels (dont l'apport des médias).