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Janet Marontate : Simon Fraser University
Ce texte présente un examen d'une sélection d'initiatives internationales consacrées au développement des nouvelles stratégies de conservation-restauration de l'art récent, en misant sur les débats autour des défis posés par les œuvres numériques. Notre analyse porte spécifiquement sur les enjeux d'ordre pratique et déontologique ainsi que sur les défis socioprofessionnels exprimés par des participants (lors des entretiens et l'observation des réunions des groupes de travail (lors des réunions de membres de ces réseaux au Canada, aux É-U., et en Europe). Les nouvelles stratégies de préservation du ‘patrimoine numérique' impliquent des acteurs avec des préoccupations diverses (scientifiques et experts techniques, artistes, historiens d'art, archivistes, etc…). Les nouvelles pratiques de création artistique, d'archivage et de diffusion par la voie des technologies numériques soulèvent des questions fondamentales à propos des mandats des musées et des normes déontologiques des professions muséales. Cependant les ‘grand discours' présentés dans les rapports émis par ces initiatives ont tendance à mettre l'accent sur le consensus et masquent parfois les inquiétudes et les incertitudes inattendues exprimées par les participants.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.