Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alain Gueringer : Cemagref
La question foncière occupe aujourd'hui une place centrale de la gouvernance des espaces périurbains, et l'action publique se pose souvent en termes de maitrise du foncier. Elle renvoie dès lors à la question de la propriété. A partir de travaux conduits sur différents terrains en France, la présentation vise à préciser les contours de cet acteur multiple et complexe qu'est le propriétaire foncier, et les déterminants de ses choix.
Sur chaque terrain, une typologie a fait apparaitre une grande diversité de « profils » de propriétaires. Chaque type distingué rassemble les propriétés présentant des caractéristiques proches susceptibles d'interférer avec les modalités de gestion de leur patrimoine par les propriétaires. Complétant cette approche, des enquêtes auprès de propriétaires ont permis de les caractériser, de connaître leurs parcours personnels, familiaux et professionnels, d'éclairer leurs motivations, leurs projets et leurs pratiques de gestion. L'objectif est de cerner la logique propre à chacun. Dans l'ensemble, ces enquêtes confirment la prédominance des logiques individuelles de la part des propriétaires. Elles permettent néanmoins de relativiser certaines idées les concernant. L'analyse nous suggère également une caractérisation des logiques des propriétaires à l'articulation entre « être », « avoir » et « faire » faisant écho aux différentes dimensions, patrimoine, capital et outil de travail, que contient la propriété foncière.
La thématique retenue pour cette proposition de colloque concerne le traitement technique et politique des espaces ouverts des agglomérations urbaines. Il est ici question de l’ensemble des espaces non bâtis situés en périphérie proche ou lointaine des agglomérations, mais dont les fonctionnalités, les modalités de gestion et le devenir à court et moyen termes dépendent des acteurs parties prenantes des dynamiques métropolitaines. L’usage des ressources, notamment celles relatives au sol, la maîtrise de l’étalement urbain, la préservation des espaces agricoles, forestiers et des réservoirs de biodiversité, la sécurité alimentaire pour des populations de plus en plus urbaines sont autant de défis à relever durant ce millénaire. Si ces questions intéressent les milieux académiques depuis quelques décennies, elles pénètrent petit à petit la sphère publique à travers les questions d’aménagement et de développement local.
D’un point de vue plus systémique, il faut tenir compte que le devenir des espaces ouverts et leur contribution au développement soutenable des régions métropolitaines sont de plus en plus liés à leur intégration dans les processus de globalisation. Les conséquences de cette intégration s’expriment en termes de restructuration socioéconomique et de reconfiguration des systèmes d’acteurs autour de questions communes ayant souvent trait à la montée des incertitudes et des interdépendances. Autant de questions vives que nous proposons d’articuler autour de trois points convergents : 1) Comment les enjeux de préservation des espaces ouverts métropolitains questionnent-ils les politiques alimentaires et agricoles des métropoles? 2) Comment la gestion de la biodiversité des espaces ouverts est-elle conçue et rapproche-t-elle mondes techniques et politiques? 3) Comment les acteurs responsables de la gouvernance métropolitaine construisent-ils la question éminemment politique de la gestion des espaces ouverts?