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Karen Ferreira-Meyers : Université du Swaziland
Le Moi se trouve dans une position centrale dans les écritures autofictionnelles contemporaines. L'autofiction, mélange habile d'autobiographie et d'écriture romanesque, propose aux écrivaines des 20ème et 21ème siècles un espace de prédilection d'autoreprésentation et d'évocation de leurs désirs. Dans cette présentation, je propose d'analyser plusieurs textes autofictionnels beyaliens (L'homme qui m'offrait le ciel, 2007), bouraouins (en particulier, Mes Mauvaises pensées, 2005, Avant les hommes, 2007, et Appelez-moi par mon prénom, 2008) et nothombiens (par exemple, Ni d'Ève ni d'Adam, 2007 et Une forme de vie, 2010) afin de voir comment les autofictionnaires combinent désirs et médias dans un souci de vérité-mensonge postmoderne. Les aspects médiatiques des persona littéraires de l'auteure belge Amélie Nothomb, de l'écrivaine franco-camerounaise Calixthe Beyala et de l'auteure franco-algérienne Nina Bouraoui ont été soulignés plusieurs fois (voir, par exemple, Lee, Mark, Les Identités d'Amélie Nothomb : de l'invention médiatique aux fantasmes originaires, Amsterdam: Rodopi, 2010 ou Hitchcott, Nicki, Performances of migration: Calixthe Beyala, Liverpool : Liverpool University Press, 2006). Le lien entre l'écriture du désir et l'autofiction reste à être éclairé.
La notion de désir a jusqu’ici été pensée comme appartenant au masculin, tandis qu’au féminin il incombe d’incarner l’objet du désir de l’homme. Depuis peu, les femmes s’approprient le discours érotique. Émancipées qu’elles sont des injonctions à la pudeur, elles projettent désormais la possibilité d’une subjectivité désirante.
Dans la mesure où les textes littéraires reconduisent les scripts sexuels (Gagnon) dominants, reposant sur la dyade Homme-sujet-actif-désirant/Femme-objet-passif-désiré, on peut affirmer, avec De Lauretis, qu’ils constituent une technologie du genre – cela se reflète tant dans la syntaxe érotique (« Il la prit », « Elle se donna à lui ») que dans la représentation des scènes sexuelles et, plus largement, dans la façon dont circule le désir.
Aussi, ce colloque se penchera sur la figure de la femme désirante dans les productions littéraires et médiatiques contemporaines, celles-ci entendues dans leur sens large, incluant aussi bien la culture des médias que celle des arts médiatiques.
Les productions culturelles se voient-elles transformées par la prise de parole des femmes? Les créateurs masculins prennent-ils acte de cette nouvelle possibilité d’une subjectivité désirante au féminin, la mettent-il en jeu dans leurs textes littéraires et autres productions culturelles?
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