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Filles et justice : l'ambivalence de la prise en charge institutionnelle des cas-problèmes (Belgique, 1920-1965)

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Veerle Massin : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La communication
proposée touche à la prise en charge institutionnelle des filles de justice
dans la société belge entre les années 1920 et 1960. L'institution est ici comprise aussi bien comme lieu d'enfermement-hébergement que comme système de régulation impliquant une multitude d'acteurs (filles,
familles, directions, administration, experts, travailleurs sociaux) et de
phénomènes (politique, discours, pratiques, quotidien, flux de population).
Notre recherche porte sur un établissement multifonctionnel réservé aux
« cas délicats » de la Protection de l'enfance en Belgique :
filles vénériennes, filles difficiles, filles-mères. Dans cet établissement de
« fin de parcours », la tension entre les logiques répressive et
protectionnelle est portée à son maximum. La gestion de l'indiscipline a une
incidence majeure sur la mise en place des services socio-médicaux, notamment à
travers l'hyper-sexualisation des cas-problèmes. Nous passerons en revue
l'importante ambivalence des pratiques à travers trois thématiques ciblées où
les évolutions chronologiques seront privilégiées : les politiques et
pratiques de soins, de rééducation et d'expertise et leurs implications sur les
parcours des jeunes filles.

La communication
se clôturera sur une réflexion plus théorique à propos de la possibilité donnée
au chercheur de mettre le doigt sur les facultés d'« agir » des
mineures au sein de l'institution d'une part, sur les
« sensibilités » exprimées et visibles des acteurs d'autre part.

Résumé du colloque

L’historicité des modes d’appréhension et de gestion des problèmes sociaux aux 19e et 20e siècles, au cœur des intérêts de recherche du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), a surtout été explorée, depuis plus d’une décennie, sous l’angle des institutions à caractère coercitif. Principalement ancrées sur le territoire montréalais, les recherches historiques développées au sein du CHRS ont par la suite porté sur de nouvelles questions dépassant largement le cadre des institutions d’enfermement de types pénal.

Dans cette perspective, la réponse collective aux défis majeurs posés par les inégalités sociales, génératrices de pauvreté, de maladie, de déviance, a permis à notre équipe d’investir sous de nouveaux angles le vaste champ de la prise en charge d’autrui.

Cette approche plus large des institutions permet alors de s’intéresser à une pluralité de modèles d’organisation sociale tant publics que privés. Elle pousse aussi à s’interroger sur la coexistence possible de plusieurs concepts associés à la question de la prise en charge. Comment en effet concilier le recours à la punition, à la sanction voire au rejet tout en prônant la charité, le service, la solidarité, l’amitié, la responsabilité, la bienveillance ?

Les expériences et les parcours des individus et des groupes définis comme « à risque » et aux prises avec différents modèles de prise en charge au cours des 19e et 20e siècles permettent de poser un regard nouveau sur le « poids » des institutions et sur les réactions possibles des plus vulnérables face au modèle qui leur était imposé.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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