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Homosexualité et alter ego : Nina Bouraoui ou l'inversion du rôle sexuel

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Feriel Bougherara : Université Concordia

Résumé de la communication

Les écrivaines s'approprient de plus en plus le discours portant sur leur corps et leur sexualité, ce qui a été abondamment commenté, au cours des vingt dernières années, dans les études féministes et les gender studies. En effet, de plus en plus d'auteures expriment une subjectivité érotique féminine, se dissociant ainsi de la tradition machiste qui les a si longtemps reléguées au rôle d'objet désiré. Cette communication sera l'occasion de proposer une réflexion sur la manière dont l'écrivaine française, Nina Bouraoui, expose le désir féminin dans Garçon manqué (2000), Poupée Bella (2004) et Avant les hommes (2007) : comment définit-elle le désir? En quoi la présence masculine est-elle nécessaire dans cette nouvelle conception du désir? Par quels moyens l'auteure permet-elle au sujet féminin de devenir à la fois sujet désirant et objet de désir? Comment l'écriture arrive-t-elle à réconcilier sexualité et identité? On verra que Nina Bouraoui réinvente d'une certaine façon la notion de désir en incarnant à la fois le protagoniste masculin et féminin pour finalement projeter l'image d'une sexualité pluriforme, androgyne et hybride.

Résumé du colloque

La notion de désir a jusqu’ici été pensée comme appartenant au masculin, tandis qu’au féminin il incombe d’incarner l’objet du désir de l’homme. Depuis peu, les femmes s’approprient le discours érotique. Émancipées qu’elles sont des injonctions à la pudeur, elles projettent désormais la possibilité d’une subjectivité désirante.
Dans la mesure où les textes littéraires reconduisent les scripts sexuels (Gagnon) dominants, reposant sur la dyade Homme-sujet-actif-désirant/Femme-objet-passif-désiré, on peut affirmer, avec De Lauretis, qu’ils constituent une technologie du genre – cela se reflète tant dans la syntaxe érotique (« Il la prit », « Elle se donna à lui ») que dans la représentation des scènes sexuelles et, plus largement, dans la façon dont circule le désir.
Aussi, ce colloque se penchera sur la figure de la femme désirante dans les productions littéraires et médiatiques contemporaines, celles-ci entendues dans leur sens large, incluant aussi bien la culture des médias que celle des arts médiatiques.
Les productions culturelles se voient-elles transformées par la prise de parole des femmes? Les créateurs masculins prennent-ils acte de cette nouvelle possibilité d’une subjectivité désirante au féminin, la mettent-il en jeu dans leurs textes littéraires et autres productions culturelles?

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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