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« Ils parlent comme nous » : de l'utopie à la réalité

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Sandra Najac : Université de Montréal

Résumé de la communication

« Ils parlent comme nous », a dit, un jour, Fredi. Il a fallu que ce jeune Québécois d'origine haïtienne qui évolue à Montréal me conte sa vie pour que je saisisse toute la portée de cette affirmation qui apparemment se limite à une pratique linguistique. Selon Cyrulnic (2003), «Dire son histoire crée un sentiment de soi cohérent…». Dans ce même ordre d'idées, Vatz Laaroussi (2007) affirme que: «... raconter son histoire pour lui redonner, lui retrouver un sens, permet aux individus de se reconstruire, de redémarrer leur vie, de se remettre en projet »; justement, Fredi, en me confiant son histoire, s'est engagé dans un processus de « déconstruction » et de (re)construction de soi à partir d'une mémoire fragmentée. Et, moi, en étant à l'écoute de Fredi, j'ai pu comprendre comment chacun de ces mots est empreint de lucidité, d'expériences, de fragments de vie et j'ai pu, enfin, appréhender cette résilience qui est inscrite en filigrane dans les propos de ce jeune. Sans ce phare que représente le récit de vie de Fredi, ce dernier serait resté l'un de ces jeunes qui, dans la littérature, suscitent de la compassion et, par conséquent, servent de « contre-modèle ».

Résumé du colloque

L’histoire de vie est une méthodologie de recherche formation instaurée par Gaston Pineau (1983). Cette pratique s’est d’abord développée au sein de la francophonie au cours des années 1980, en Espagne (1999), puis en Allemagne, en Suède, en Amérique latine et au Japon, où des groupes de diverses appartenances culturelles ont formé des réseaux pour diffuser et soutenir cette pratique et pour explorer les enjeux propres à leur culture. L’histoire de vie s’est aussi développée au sein de diverses communautés francophones canadiennes, chacune ayant des enjeux propres à sa culture et à sa situation géographique. L’objectif d’un réseau franco-canadien pour les histoires de vie est la mise en commun de ces diverses expériences pour une reconnaissance réciproque des multiples enjeux liés à chacune de ces cultures minoritaires ainsi que pour l’affirmation de son identité culturelle.

Certains des enjeux auxquels doit faire face le réseau sont propres aux situations minoritaires canadiennes. D’une part, retrouve plusieurs petites communautés isolées les unes des autres par de grandes distances. La question identitaire constitue également un enjeu central pour ces communautés, à la fois comme lien d’appartenance et, bien souvent, comme condition même d’existence (Landry, 2010). Les pratiques d’histoires de vie en situation minoritaire sont en mesure d’analyser et d’accompagner les processus de construction identitaire individuels, communautaires, transgénérationnels et géographiques en articulant un travail de mémoire individuel et collectif, local et global (Comité de pilotage, 2011).

L’objectif de cette activité est d’approfondir cette problématique et d’élaborer des pistes d’action quant à la mise en place d’un réseau franco-canadien qui serait en mesure de favoriser l’échange et le partage des expériences et des connaissances.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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