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La circulation des connaissances, l'usage des licences libres : entre loisirs et pratiques professionnelles, les exemples de Sésamath, Videolan, OWNI.

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Clément Bert-Erboul : Laboratoire Clersé

Résumé de la communication

À partir d'une enquête de terrain, cette étude développe la notion de carrière dans sa dimension processuelle et collective, pour décrire des groupes produisant des contenus numériques sous licences libres. Les collectifs numériques sont des organisations remarquables par la diversité de leurs contributeurs à la fois bénévoles et salariés, amateurs et professionnels, réguliers ou passagers, souvent d'origines géographiques et organisationnelles multiples. La coordination des acteurs composant ces groupes apparait comme une véritable gageure. L'utilisation des licences libres sur les contenus produits collectivement semble avoir ouvert des opportunités de coopération singulière en dehors des voies tracées traditionnellement par le marché du travail et la hiérarchie bureaucratique. Espace de détente pour les uns, mouvement de revendication professionnelle pour les autres, les collectifs numériques sont un exemple l'effacement de la barrière entre travail et loisir initié par le numérique domestique. Notre analyse s'intéresse à la constitution et au maintien des activités des collectifs numériques producteurs de ressources sous licences libres sur une période de dix ans. La « carrière » telle qu'elle est conçue ici n'est pas exactement une succession de statuts, au sens de la sociologie du travail interactionniste (Hughes 1937), ni une progression au sens managérial, mais plutôt une succession d'associations entre acteurs au sens de la théorie de l'acteur réseau (Callon 1986).

Résumé du colloque

À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.

La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.

La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Pascale Marcotte
section icon Date : 9 mai 2012

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