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Jérôme Lafitte : UQAM - Université du Québec à Montréal
Qu'est-ce qui fait de la controverse une figure actuelle et pertinente pour envisager les questions environnementales dans le cadre de territoire de vie ?
La controverse comme figure du discours sur les questions environnementales incarne un enjeu de démocratie, entendue comme possibilité d'existence d'un débat public dans les processus de prise de décision sans même que les institutions le prennent en charge. Cette figure ancienne du savoir est réactualisée par les défis de la crise environnementale. Des tensions surgissent entre légitimité des savoirs mobilisés et apprentissage social à l'occasion de controverses socio-écologiques.
Les territoires des acteurs-habitants sont de plus en plus sollicités par des projets de « développement durable ». Ces dispositifs demandent l'implication participative des citoyens, leur enjoignant de prendre position sur des « questions vives » à fort enjeu politique avec de fortes interrogations en termes de savoirs. L'identité environnementale des territoires est mobilisée comme celles des acteurs-habitants concernés. Jusqu'où envisager les problèmes socio-écologiques ? Pour quels acteurs, quels pouvoirs qui engagent quelles identités ? Comment la souveraineté politique des territoires locaux est-elle mise en question par les controverses environnementales ? Quels rôles jouent les savoirs pour quels espaces de vigilance ? La controverse environnementale peut être l'occasion de s'interroger sur leur potentiel d'apprentissage citoyen.
??L’environnement est au cœur de débats sociaux sur des questions émergeantes, en particulier autour de projets de « développement » qui soulèvent des mouvements de résistance. Il s’agit alors de « questions socialement vives » qui interpellent le monde de l’éducation. Pensons aux problématiques associées au gaz de schiste, aux changements climatiques, à la déforestation, aux OGM, etc. Comment l’éducation peut-elle se saisir de telles situations conflictuelles pour questionner la dimension écologique de notre identité et pour explorer les dynamiques d'engagement individuel et collectif?
L’environnement est la trame essentielle de nos vies : air, eau, aliments, etc. Ce que nous sommes est relié aux caractéristiques des environnements dans lesquels nos vies se déploient. En retour, nous transformons nos environnements en fonction de notre identité, de notre vision du monde et de nos engagements. Notre rapport à l'environnement est directement lié à notre façon de nous engager dans le monde, individuellement et collectivement, dans les différentes sphères des nos vies quotidiennes comme à travers l'action de nature politique.
Ce colloque aborde les questions d’identité et d’engagement par le prisme de l’éducation relative à l’environnement (ERE) dont l’une des visées est le développement d’une écocitoyenneté et la contribution à l'avènement d'une « démocratie écologique » où les débats deviennent source d'apprentissage collectif.
Les communications traiteront de situations éducatives ou apporteront des analyses et réflexions tant en ce qui concerne les milieux d'éducation formelle (aux différents ordres d'enseignement) que les milieux non formels (ONG, parcs, musées, etc.) et les contextes informels (dont l'apport des médias).
Thème du colloque :