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La difficile appropriation de la littérature érotique québécoise par l'Éros féminin : une étude du roman Jacinthe de Charlotte Boisjoli

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Vincent Landry : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

La ségrégation entre une « littérature érotique féminine » et une « littérature érotique » qui serait implicitement masculine témoigne du caractère traditionnellement phallocentré de ce genre littéraire et de sa composition relevant d'un univers fantasmatique genré où la femme est altérisée et réduite au statut d'objet. L'investissement massif d'écrivaines dans la mise en discours de la sexualité aura permis de donner un nouveau visage aux relations entre littérature, sexualité et rapports sociaux. Au grand dam de l'establishment masculin en édition de littérature érotique, nous assistons à une transformation des scripts sexuels (Gagnon) relayés par le genre érotique qui permettent désormais l'apparition d'une subjectivité désirante au féminin. Cette transformation ne se fait toutefois pas sans heurts dans un Québec fortement marqué par des instances phallocrates répressives. Le roman Jacinthe (1990) de Charlotte Boisjoli nous présente les premières traces d'un assemblage de scripts d'où la domination masculine est repoussée, sans être renversée, par une revendication du personnage féminin de sa sexualité comme réappropriation de son corps et de son identité sexuelle. Cette communication a comme objectif de se pencher sur les liens unissant les diverses représentations d'une figure de femme désirante d'un roman érotique non traditionnel et les prescriptions sexuelles associées aux scripts dominants, ceux du genre littéraire et de l'acte érotique en lui-même.

Résumé du colloque

La notion de désir a jusqu’ici été pensée comme appartenant au masculin, tandis qu’au féminin il incombe d’incarner l’objet du désir de l’homme. Depuis peu, les femmes s’approprient le discours érotique. Émancipées qu’elles sont des injonctions à la pudeur, elles projettent désormais la possibilité d’une subjectivité désirante.
Dans la mesure où les textes littéraires reconduisent les scripts sexuels (Gagnon) dominants, reposant sur la dyade Homme-sujet-actif-désirant/Femme-objet-passif-désiré, on peut affirmer, avec De Lauretis, qu’ils constituent une technologie du genre – cela se reflète tant dans la syntaxe érotique (« Il la prit », « Elle se donna à lui ») que dans la représentation des scènes sexuelles et, plus largement, dans la façon dont circule le désir.
Aussi, ce colloque se penchera sur la figure de la femme désirante dans les productions littéraires et médiatiques contemporaines, celles-ci entendues dans leur sens large, incluant aussi bien la culture des médias que celle des arts médiatiques.
Les productions culturelles se voient-elles transformées par la prise de parole des femmes? Les créateurs masculins prennent-ils acte de cette nouvelle possibilité d’une subjectivité désirante au féminin, la mettent-il en jeu dans leurs textes littéraires et autres productions culturelles?

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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